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[Deauville 2021] Matt Damon et Camille Cottin enquêtent à Marseille dans « Stillwater »

[Deauville 2021] Matt Damon et Camille Cottin enquêtent à Marseille dans « Stillwater »

11 septembre 2021 | PAR Alice Martinot-Lagarde

Réalisé par Tom McCarthy, Stillwater raconte l’histoire d’un Américain projeté à Marseille pour aider sa fille emprisonnée pour un crime qu’elle n’a pas commis. Soulevant des questions intéressantes autour de la repentance et des regrets, le film manque malgré tout de substance, tandis que Matt Damon et Camille Cottin excellent et sauvent le tout. 

De l’Oklahoma à Marseille

Déjà présenté à Cannes en juillet dernier, Stillwater a ouvert le Festival du film américain de Deauville qui réitère cette année le partenariat avec la Croisette. Tournée à Marseille avec un personnage principal en archétype de l’Américain moyen, il incarne parfaitement le lien entre la France et les États-Unis, rien de mieux donc pour débuter ces dix jours de cinéma sur les planches normandes. Matt Damon et Camille Cottin se partagent la tête d’affiche de ce drame réalisé par Tom McCarthy et inspiré par un fait divers survenu en 2007, l’affaire Amanda Knox, l’histoire d’une étudiante américaine en Italie arrêtée pour le meurtre de sa colocataire. 

Ici, Matt Damon incarne Bill. Homme taiseux, à l’allure imposante et au visage insensible, il travaille dans l’extraction de pétrole dans l’Oklahoma et vit à Stillwater, petite ville représentative de l’Amérique moyenne sous l’ère Trump. Quelques années plus tôt, sa fille Allison (Abigail Breslin) a été condamnée par erreur à neuf ans de prison pour avoir tuée sa petite amie, une jeune fille d’origine arabe qui vivait avec elle à Marseille où elles faisaient leurs études. Régulièrement, Bill prend un avion pour aller la voir. Mais cette fois-ci, il décide de rester dans la citée phocéenne afin de poursuivre une nouvelle piste qui pourrait prouver son innocence. Ne parlant pas un mot de français, il trouve l’aide de Virginie (Camille Cottin) à qui il va vite s’attacher. 

Sauvé par le talent de Matt Damon et Camille Cottin 

Démarrant d’un scénario risqué qui ouvrait la porte à quelques clichés, Stillwater ne s’en sort pas si mal surtout grâce à la performance du duo principal qui donne une crédibilité et une vraie profondeur au récit. Matt Damon s’illustre dans ce rôle de composition en personnage à la fois héros et outsider. Bill est un homme charismatique, indépendant et sûr de lui mais il va devoir apprendre à évoluer dans un environnement qui n’est pas le sien, une ville étrangère dont il ne connait ni les codes ni la langue, et où pourtant il a un but bien précis. C’est ici que Camille Cottin arrive, rafraîchit l’ambiance et calme ses ardeurs. Surtout, elle fait le lien entre cet Américain pur jus et Marseille, donnant une fluidité nécessaire à l’écran. 

Si le sujet principal reste bien la culpabilité d’un père incapable de réparer ses erreurs, le film s’égare en optant pour quelques évidences scénaristiques et rate l’intensité promise par le synopsis au départ. Des éléments intéressants sont ainsi moins bien exploités, tels que l’impossibilité assumée d’un homme à changer, l’entêtement d’une quête qui n’effacera pour autant pas le passé. Toutefois, on peut dire qu’on retrouve bien l’idée que la seconde chance est une illusion. Bill tente d’agir différemment avec Virginie et sa fille, mais il s’appuie sur cette relation pour se racheter et se retrouve vite rattrapé par la réalité. 

Enfin, Stillwater a le mérite de montrer Marseille dans une jolie photographie, ultra lumineuse, qui donne une ambiance intéressante au film. Avec une caméra tantôt fixe et en mouvement, le contraste entre sa petite ville d’Oklahoma et le sud de la France est bien réussi en reproduisant la morosité et la platitude de l’une et l’agitation bouillante de l’autre. Les composantes étaient donc là mais le résultat ne reste pas assez convaincant. 

 

Stillwater de Tom McCarthy, avec Matt Damon, Camille Cottin, Abigail Breslin, Lilou Siauvaud. 2h20. En salles le 22 septembre.

47e édition du Festival du cinéma américain de Deauville du 3 au 12 septembre 2021. Plus d’informations ici.

 

Visuel © image du film

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Alice Martinot-Lagarde

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