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[Critique] « Seul sur Mars », Matt Damon livré à lui-même dans un film spatial tendu

[Critique] « Seul sur Mars », Matt Damon livré à lui-même dans un film spatial tendu

21 octobre 2015 | PAR Hugo Saadi

Après Alfonso Cuaron (Gravity) et Christopher Nolan (Interstellar), c’est au tour de Ridley Scott de nous emmener dans l’espace avec Seul sur Mars. Avec quelques longueurs au tableau de bord, le film reste palpitant sur la durée.

 [rating=4]

A l’inverse du titre original (The Martian), en France, l’effet de surprise n’est pas escompté avec « Seul sur Mars » qui indique rapidement le décor. Heureusement, le titre français n’est pas un gros spoiler, Ridley Scott ne perdant pas de temps pour abandonner son acteur sur la planète rouge. Parce qu’un voyage spatial ne serait pas si passionnant à suivre sans embuche, il agrémente son scénario, tiré du bouquin d’Andy Weir, de multiples complications. La première : une tempête orageuse sur Mars contraignant l’équipage à décoller en urgence, une mission tourne mal, Mark Watney (Matt Damon) se retrouve projeter par un projectile dans le tourbillon poussiéreux et est laissé pour mort. Comme on le sait à l’avance, l’astronaute n’est pas mort et doit désormais attendre péniblement quatre ans, jusqu’à la prochaine mission spatiale. Il va donc devoir « en chier pour la science ».

Le film entre ensuite dans sa phase « comment survivre sur Mars pour les nuls ». Mark Watney fait l’inventaire de ce qu’il lui reste à manger, nous présente ses coéquipiers avec les effets personnels qu’ils ont laissés, cuisine, jardine (le chanceux s’avère être un botaniste) et nous raconte son quotidien tel un youtubeur : face caméra. Ridley Scott tente de ne pas nous lasser avec cette répétition d’actes plus ou moins intéressants et use des nombreuses caméras pour rythmer son film. Outre des détails techniques assez pointus qu’il règle de façon pédagogique, le spectateur n’est pas perdu dans ce guide de la survie. Les plans aériens de la planète Mars et les missions de recherche de l’astronaute permettent quelques moments d’évasion agréables. Le réalisateur américain maintient à flot son intrigue grâce à des allers-retours entre Mars et la NASA. Une fois que les scientifiques apprennent la survie de Mark Watney, tout se met en place pour une mission de rescousse. Questions éthiques avec son ancien équipage, collaborations internationales, Scott tente de pousser son film sur différentes pistes qui aboutissent avec soin.

Matt Damon monologuant pendant près de deux heures (le film s’étale sur 2h24) peut sembler très long, surtout quand il tente de faire le mariole. Heureusement pour nous, des péripéties viennent contrebalancer cette télé-réalité fastidieuse. Enfin, les vingt dernières minutes, à savoir l’opération de sauvetage, permettent au film de prendre une autre dimension. La réalisation fluide et sans accro laisse le spectateur voguer en apesanteur et frisonner au plus haut point. Haletant et tendu, le final donne des sueurs froides.

Concernant le casting, Matt Damon et Jessica Chastain (les deux s’étaient déjà retrouvés dans l’espace sur Interstellar) sont mis en avant, le premier manque de charisme à l’inverse de Chastain qui illumine chaque plan. Pour le reste, on retiendra les performances scientifiques de Chiwetel Ejiofor et Sean Bean.

« Seul sur Mars », un film de Ridley Scott, avec Matt Damon, Jessica Chastain, Kristen Wiig, film de science-fiction américain. 2H24. Sortie le 21 octobre 2015.

© 2015 Twentieth Century Fox

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Hugo Saadi

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