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Deauville, jour 3 : William Friedkin est de retour, Paul Dano dans les starting blocks (02/09/2012)

Deauville, jour 3 : William Friedkin est de retour, Paul Dano dans les starting blocks (02/09/2012)

03 septembre 2012 | PAR Yaël Hirsch

Cette troisième journée de festival du film américain a débuté sur un brin d’été : grand soleil au bord de la Manche et premier film de la matinée évoquant la chaleur du Cuba au CID. Après, l’atmosphère s’est emplie alors que William Friedkin, le réalisateur de « L’exorciste » inaugurait sa cabine sur les planches de Deauville. Dans la soirée, le public a pu découvrir en avant-première le nouveau film du grand réalisateur américain, « Killer Joe ». Un évènement très attendu, puisque le cinéaste de 77 ans n’avait rien proposé depuis « Bug » en 2006. Au milieu de ce festival Friedkin, l’après-midi a permis de regarder vers le futur avec le Paul Dano, prix du Nouvel Hollywood 2012 et la projection du deuxième film qu’il porte à Deauville avec sa petite amie Zoe Kazan, « Elle s’appelle Ruby ».

En soi, « Una Noche » est une curiosité. Histoire d’un jeune homme qui rêve de quitter Cuba pour Miami et provoque la réalisation de ce rêve dans les pires conditions, ce premier long-métrage de la réalisatrice britannique Lucy Mulloy est produit par… la Grand-Bretagne, Les États-Unis et Cuba! Qui plus est, les acteurs du film ne sont pas professionnels et l’histoire du héros du film pourrait bien être la leur… D’une élégance simple (Jean et veste noire), comme son film à la photographie séduisante, Lucy Molloy est venue présenter une œuvre originale, qui permet d’entrer sans condescendance ni idées préconçues dans la vision du monde de jeunes cubains d’aujourd’hui. Un film qui a déjà raflé trois prix au festival de Tribeca, à New-York au printemps dernier.

Le début d’après-midi a été marqué par la leçon de William Friedkin au CID. En très grande forme, le réalisateur de l’Exorciste a parlé de son nouveau film, « Killer Joe », et a avoué qu’il avait horreur de la violence sauf si elle était motivée. Cela dit il ne pense pas que la violence au cinéma soit responsable de celle qui existe dans la vie, comme on a pu le dire de la fusillade de Denver. Les immenses superproductions à plusieurs dizaines de millions l’écœurent. Débordant de projets, William Friedkin a quand même fait preuve d’un peu de nostalgie : aujourd’hui Hollywood est encore plus tenu par les producteurs et le cinéaste regrette la liberté des années 1970.

Intermède hip et frais dans cet après-midi d’été, avec le couple jeune et branché du festival, Paul Dano et Zoe Kazan. Révélé par « Little Miss Sunshine », et confirmé par « There will be blood », Paul Dano est à l’affiche de deux films du Festival: « For Ellen » (voir notre live-report) et « Elle s’appelle Ruby » des réalisateurs de Little Miss Sunshine, Jonathan Dayton et Valérie Faris. C’est isild le Besco qui, tout sourire, lui a remis le prix du Nouvel Hollywood que le jeune premier du ciné indé américain a reçu avec un discours parfaitement poli et lisse. Dans « Elle s’appelle Ruby » projeté juste après, c’est la nouvelle hit girl rouquine d’Hollywood, Zoe Kazan (le petite fille d’Elia) qui lui donne la réplique. Pour présenter l’avant-première du film, elle avait troqué sa tenue invraisemblablement jaune moutarde de samedi soir contre une robe trois trous noire élégante. Version moderne de Pygmalion, « Elle s’appelle Ruby » est l’histoire d’un écrivain en panne d’inspiration et de vie sociale (Paul Dano) qui se met à rêver sa compagne idéale. Quand il se met à l’écrire, elle apparaît en vrai. C’est Ruby (Zoe Kazan). Pour lire la critique d’un film qui finit par faire faux, à force de vouloir paraître original et branché, c’est ici.

A 20h, la projection de « Killer Joe » de William Friedkin n’a pas déçu. Travaillant toujours avec l’excellent généraliste et homme de théâtre David Letts (Bug, 2006), Friedkin met magistralement en scène un jeune dealer pris dans une affaire de dette et qui cherche un moyen de sauver sa peau. Porté par le très fin Matthew McConaughey, le film distille avec un accent cajun un humour noir pénétrant et une psychologie pessimiste sur la nature humaine qui a pu heurter une partie du public. A voir dès le 5 septembre.

Plus de deuxième film dans la soirée au CID  et une certaine fatigue s’installe. Demain, lundi 3 septembre, la journée débute avec le très attendu « Wrong » de Quentin Dupieux, le réalisateur de génie de « Steak » et révélé au grand public par « Rubber« , sur les traces d’un pneu dans le désert.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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