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Critique: Oblivion, Tom Cruise parfait dans l’atmosphère froide et planante de Kosinski

Critique: Oblivion, Tom Cruise parfait dans l’atmosphère froide et planante de Kosinski

13 avril 2013 | PAR Gilles Herail

[rating=3]Le réalisateur de Tron Legacy revient avec les mêmes (immenses) qualités et des (petits) défauts similaires. Une proposition de science-fiction planante et épurée qui fascine souvent.

afficheTron Legacy était un vrai voyage. Dans un monde symétrique où les lignes et les courbes futuristes résonnaient sur la musique hypnotisante de Daft Punk. Mais cette improbable suite à un film culte des années 1980 péchait aussi par une direction d’acteurs parfois approximative et des maladresses de scénario et de dialogues parfois gênantes. Oblivion s’inspire lui plus directement des grands classiques de science-fiction. Reprenant de manière assumée des éléments déjà abordés dans un hommage patchwork pas toujours bien assemblé.

L’ambition de Kosinski est encore une fois l’ambiance. Le rythme contemplatif et l’équilibre en apesanteur. On reconnait du Matrix, de l’Odyssée de l’Espace, du Wall-E et tant d’autres. Mais Tom Cruise est là, solide, ultra impliqué et nous fait croire à l’histoire. Il fallait un acteur de cette trempe (on aurait aussi bien vu Will Smith) pour nous faire oublier les faiblesses du scénario. Car Kosinski s’autorise cette fois-ci une dimension plus intime, une attention sur les visages et les émotions. Et on n’a pas fait mieux que Tom Cruise pour incarner le héros naturel, sacrificiel, charismatique mais toujours humain.

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La présence de l’acteur et des deux très bons seconds rôles féminins suffisent pour raconter cette histoire de quête identitaire et d’amour finalement assez simple, malgré les rebondissements et les effets de surprise parfois maladroits. Et on embarque alors dans l’œuvre picturale. A la beauté froide, perdu dans l’immensité et les couleurs métalliques. La froideur grise de l’uchronie. On aime les plans larges, la fausse lenteur à peine perturbée par les apparitions croustillantes de Morgan Freeman. La musique de M83 nous enveloppe et l’on prend un plaisir fou à retrouver la science-fiction qu’on aime. Un genre trop souvent méprisé, dénigré comme un blockbuster sans âme. Mais qui réserve encore ces moments suspendus, de plaisir visuel et d’émotion pure que seule la salle de cinéma peut nous procurer.

Gilles Hérail

Oblivion, un film de science-fiction de Joseph Ko[rating=3]sinski avec Tom Cruise et Olga Kurylenko, durée 2h15, sortie le 10 avril 2013

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