Cinema

[Critique] « La Montagne entre nous »: puisqu’on vous dit qu’ils s’aiment

[Critique] « La Montagne entre nous »: puisqu’on vous dit qu’ils s’aiment

01 novembre 2017 | PAR Sarah Reiffers

Adieu le Proche-Orient : Hany Abu-Assad s’aventure à Hollywood avec son premier film américain, La Montagne entre nous. Et déçoit, de par un scénario bien trop lourd et trop peu convaincant.

[rating=3]

Après Omar (2013) et Le chanteur de Gaza (2017), Hany Abu-Assad délaisse le soleil de sa terre natale pour les montagnes enneigées du nord des États-Unis. Il s’entoure de deux poids lourds, Kate Winslet et Idris Elba, les fourre dans un avion, fait crasher l’avion, et entame une histoire d’amour sur fond de récit de survie. Rien de très original, donc. Mais ce Kate Winslet vs. le froid round 2 aurait pu marcher, si Abu-Assad n’avait pas tant cherché à nous montrer que oui, Ben et Alex s’aiment, et ce passionnément.

La Montagne entre nous débute donc avec quelques bonnes promesses. Comme celle d’un film qui renoue avec la notion de «frontière», thème majeur dans l’art américain ici symbolisé par les montagnes enneigées qu’Abu-Assad intègre dans son film comme un personnage. Terrifiantes dans leur immensité et leur silence, elles ne sont franchises et conquises qu’une seule fois, et cela seulement pour mieux afficher leur apparente infinité. Et puis, La Montagne entre nous semble, au début, vouloir jouer avec les codes du genre: elle veut se mettre en route, lui préfère rester où il est. Mais par la suite l’évolution du personnage d’Alex se résume à quelques évanouissements et autres moments de détresse. Et on retombe, malheureusement, dans les bon vieux rôles et clichés.

A cette promesse déchue s’ajoute une lourdeur qui accompagne et vient ternir les scènes d’amour. Quel mauvais choix, cette accumulation d’images flashback sur une musique à fond les violons, qui essaye (vainement) de démontrer la force d’un l’amour enfanté par les épreuves traversées en commun. Au final, La Montagne entre nous ne parvient pas à renouveler le genre, et ne fait donc qu’ajouter son nom à la longue liste de films de survie sans véritables intérêts autre que le divertissement. On salue, cependant, le choix encore trop rare d’un couple inter-racial sur les écrans.

Visuel: image officielle

 

 

 

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Sarah Reiffers

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