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[Critique] « Omar », thriller palestinien haletant signé Hany Abu-Assad

[Critique] « Omar », thriller palestinien haletant signé Hany Abu-Assad

15 octobre 2013 | PAR Hugo Saadi

[rating=4]

En 2005, Hany Abu-Assad avec « Paradise Now » nous plongeait déjà dans le quotidien de deux jeunes Palestiniens planifiant un attentat suicide à Tel Aviv. Il revient cette année avec « Omar » et livre un film tendu alliant le thriller et la romance. Récompensé par le prix du Jury dans la catégorie « Un Certain Regard » au dernier festival de Cannes, « Omar » dresse un état des lieux de la situation en Cisjordanie.

En plein territoires occupés, un mur a été érigé par l’armée israélienne. Il sépare les territoires palestiniens d’Israël et empiète dans le territoire cisjordanien. Omar, un jeune boulanger est séparé de la fille de ses rêves et de ses deux amis d’enfance par ce mur qu’il franchit quotidiennement pour les rejoindre malgré les balles des soldats.

« Omar » développe deux thèmes majeurs : le pouvoir et la manipulation des personnes. Avec comme toile de fond le conflit israélo-palestinien, Omar (Adam Bakri) et ses deux amis d’enfance, Tarek (Eyad Hourani) et Amjad (Samer Bisharat) ont décidé de créer leur propre cellule de résistance et passent à l’action en commettant le meurtre d’un soldat israélien. Le réalisateur Palestinien Hany Abu-Assad décide alors de nous immerger au cœur de l’enquête et de faire partager le quotidien de ces jeunes Palestiniens : peur, crainte, doute et courses poursuites rythment les journées et du même cas le film. Le film prend de l’ampleur avec les coulisses de la prison et les conséquences de chaque action effectuée par Omar. En effet, ce dernier, capturé par l’armée israélienne est conduit en prison et relâché contre la promesse d’une trahison. S’en suit alors un enchainement d’événements, souvent tragiques, forçant chaque personnage à révéler sa vraie nature et à faire des choix cruciaux.

« Omar » est donc un mélange des genres. Entre le drame, le thriller et la romance le suspens est de mise et l’action bien présente. L’intensité du film passe par des courses poursuites dans les ruelles, des scènes d’interrogatoire bien musclées et surtout par des manipulations machiavéliques qui se dressent tout au long du film. On pourrait cependant reprocher une romance entre Omar et Nadia (Leem Lubany) un peu trop imposante. Les multiples scènes à l’eau de rose viennent casser le rythme du thriller. Bien que l’amour soit la raison de vivre et la force d’Omar, celle-ci est trop mise en avant. Enfin, Hany Abu-Assad confirme qu’il est un grand directeur d’acteurs et dispose devant la caméra de jeunes talents. Avec une moyenne d’âge de 20 ans pour les quatre acteurs principaux, ces derniers tirent le film vers le haut. On ressent véritablement de l’empathie pour le héros Omar pendant tout le film et on suit le dénouement avec une boule dans le ventre. Pour finir, Hany Abu-Assad évite les clichés et ne tombe pas dans le discours politique mais présente bel et bien une génération affectée par cette situation, sans avenir professionnel ni projet de vie possible se heurtant à la réalité de l’occupation.

« Omar », un film de Hany Abu-Assad, avec Adam Bakri, Waleed Zuaiter, Leem Lubany … Drame Palestinien, 1h37. Au cinéma le 16 octobre 2013.

visuels : (c) Pretty Pictures

 

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