Cinema

Critique des Petits Mouchoirs : Canet et sa bande de potes

19 octobre 2010 | PAR Gilles Herail

Réunissant quasiment l’ensemble de la génération montante des acteurs français, Les Petits Mouchoirs dépeint les relations d’un groupe d’amis, entre rires et larmes. Le troisième film de Guillaume Canet réserve de très beaux moments même s’il est handicapé par une durée excessive qui résulte d’un rythme en dents de scie. Une tragi-comédie qui déçoit un peu mais reste de bonne facture.

Trainant une réputation d’acteur jeune premier, Guillaume Canet a prouvé avec ses deux premières réalisations qu’il connaissait son métier. Mon idole, farce satirique très noire et Ne le dis à personne, thriller extrêmement efficace dans sa forme ont révélé son sens inné de la mise en scène. Les petits mouchoirs se présente comme une comédie générationnelle, bien loin donc de ces précédents films de genre.

Et pourtant, Canet garde une idée de mise en scène à la minute. Alternant caméra à l’épaule, travelling, plans larges ou resserrés au plus près des visages, il rappelle qu’il est avant tout un faiseur d’images pour qui le cadrage et le découpage comptent. On ne peut donc que saluer son ambition de redonner ses lettres de noblesse au « film de potes », souvent associé à des comédies télévisuelles sans aucune ambition.

Les petits mouchoirs accompagne une bande d’amis qui se réunit comme tous les ans au bord de la mer. Les vacances ont cette fois-ci un goût amer car un de leurs potes, Ludo (formidable Jean Dujardin) est entre la vie et la mort à l’hôpital. Pendant deux heures vingt, Guillaume Canet nous invite donc à vivre les joies et les peines de l’ensemble des personnages et l’absence de Ludo. Les ruptures de ton sont légion entre des scènes très drôles souvent amenées par le personnage de François Cluzet au bord de la crise de nerfs et de nombreuses séquences assez émouvantes (Canet semble aimer filmer la détresse de Marion Cotillard).

On ressent l’influence de Klapisch dans ce portrait multifacettes de personnages qui se retrouvent. Les petits mouchoirs sont cependant beaucoup moins ancrés dans un quelconque contexte social et veut plus capter l’émotion du groupe, quelle qu’elle soit. Sans révéler les moments forts du scénario, on regrettera que le montage final n’ait pas réduit certaines scènes qui amènent une certaine lourdeur à l’ensemble. A trop vouloir provoquer l’émotion, Canet manque parfois de finesse, et de pudeur.

Avec la même ambition de mise en scène mais plus de simplicité, Rémi Besanzon avait trouvé le mélange parfait entre rire et émotion dans Le premier jour du reste de ta vie. Guillaume Canet rate donc de peu son pari de réaliser un grand film générationnel. Les petits mouchoirs offrent malgré tout un beau moment de cinéma qui confirme les qualités de son réalisateur. Un film recommandable qui permet en plus de retrouver un Benoit Magimel bluffant de sensibilité pour incarner un homme marié qui est désarçonné par l’aveu de son attraction pour son meilleur ami.

Gilles Hérail

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Gilles Herail

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