Cinema

César 2011, après les nominations… les interrogations ?

21 janvier 2011 | PAR Gilles Herail

Les nominations des césars viennent de tomber et vous pouvez découvrir l’intégralité des films sélectionnés dans notre article ici. Retour critique sur la sélection, les présents mais surtout les grands absents.

Après les polémiques lancées par Dany Boon sur la création d’un César de la meilleure comédie pour récompenser des films plus populaires, les César ont semble-t-il tenter de trouver un bon équilibre entre succès publics et succès critiques pour cette année 2011. Le quatuor de tête pour cette édition réunit trois grands films à César traditionnels,  multi-nommés : Des hommes et des dieux, Gainsbourg vie héroïque et The Ghost Writer. Dans les catégories prestigieuses et moins techniques, on retrouve aussi la présence d’un autre trio: Tournée/L’arnacoeur/Le nom des gens qui marque la volonté de reconnaître des comédies populaires encensées par la critique et pour deux d’entre elles, par le public.

Quatre comédies (on peut discuter du terme!) nommées pour le César du meilleur film si l’on y ajoute Mammuth, un vent de fraicheur souffle sur l’illustre académie! Il semble que l’effet Dany Boon soit passé par là. Espérons que l’on ne soit pas face à un jeux de dupes qui assure une présence forte parmi les nommés mais une énième absence au palmarès final. Parmi les grands absents de cette année, Les petits mouchoirs et ses 5 millions de spectateurs se voient attribuer deux nominations pour son casting. Il semble que L’arnacoeur et Des hommes et des dieux aient assuré la caution « grand public » des César qui n’ont pas cru nécessaire de mettre en valeur un film certes populaire mais d’une qualité en dent de scie.

Parmi les bonnes surprises de cette année, on remarquera la volonté de reconnaitre le cinéma d’auteur grand public tout en mettant l’accent sur quelques films plus originaux. D’un côté Tout ce qui brille, la formidable comédie sortie au printemps dernier qui est nommée à la fois pour son casting et en tant que premier film. De l’autre, L’arbre de Julie Bertucelli pour son scénario et son actrice. Autre satisfaction (personnelle), la présence de trois films très réussis et passés malheureusement totalement inaperçus: le documentaire Entre nos mains et ses ouvrières solidaires, D’amour et d’eau fraiche et son héroïne surdiplômée qui galère et enfin Simon Werner a disparu, un des meilleurs films de cette année.

Parmi les films boudés, Potiche, de François Ozon, ne pourra jouer que les outsiders, absent de la compétition pour meilleur réalisateur et meilleur film comme Le bruit des glaçons de Blier injustement ignoré pour les catégories phares. Les Césarsn’ont pas non plus été tendre avec les échecs au box-office puisque Hors la loi de Rachid Bouchareb n’obtient aucune nomination, même technique. Ces amours-là de Lelouche ne reçoit aucune attention alors que sa musique, sa réalisation et son actrice principale méritaient une reconnaissance. L’absence de Dujardin, catalogué acteur issu de la télé est décevante au regard de ces deux belles performances dans Le bruit des glaçons et surtout Un balcon sur la mer. On regrette aussi l’absence de petits films ayant plus ou moins bien marché en salle qui auraient pu bénéficier d’un « effet césar ». C’est le cas des Invités de mon père et de son fabuleux casting, de  No et moi de Zabou Breitman, Les petits ruisseaux avec Daniel Prevost et Enter the Void (beaucoup plus reconnu à l’étranger qu’en France).

Ces amours là: Lelouche ignoré par ses pairs

 

Si l’on veut mégoter, il est toujours frustrant de voir que les Césarsoffrent des nominations en paquet pour certains films sans réellement regarder l’intitulé de la catégorie et entrainent parfois des « erreurs de casting ». Si la catégorie des « espoirs » a évité de nommer des comédiens avec 20 ans de métier derrière eux (si, c’est arrivé!), on peut cependant s’étonner de la distribution des César techniques. Presque rien pour Adèle Blanc Sec et À bout portant qui bénéficient d’un réel travail sur la forme, et une sur-représentation de Des hommes et des dieux qui semble-t-il devait être nommé dans l’ensemble des catégories (sauf premier film, car ce n’en est pas un…). Gilles Lellouche est préféré à Benoit Magimel pour le second rôle dans les Petits mouchoirs alors que le rôle du premier n’a strictement aucun intérêt. Lellouche n’est par contre pas présent pour À bout portant qu’il porte littéralement sur ses épaules de A à Z. Isabelle Carré  est nommée mais pas Poelvoorde pour Les émotifs anonymes

Au delà de ces quelques réserves, il faut avouer que la diversité des nommés cette année fait plaisir à voir! Espérons juste que l’engouement (un peu excessif) autour Des hommes et des dieux n’entraîne pas un raz de marée lors de la cérémonie qui empêche la mise en valeur d’autres films. Rendez-vous le 25 février prochain!

Gilles Hérail

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One thought on “César 2011, après les nominations… les interrogations ?”

Commentaire(s)

  • je suis bien contente d’avoir lu l’avis de ce qui me semble un expert,j’avais assisté à la générale et j’en suis sortie bien contrie d’avoir vu pour la première fois cette fameuse Nathalie Dessaye qui m’a à aucun moment fait vribrer, et trouvé l’ensemble assez ridicule ! En revanche, j’ai vraiement apprécié le duo entre la mère et le fils … D’ailleurs il y eut un si profond silence dans la salle que personne ne s’y est trompé ! Quelques applaudissements à Dessaye ! Bref, elle se réservait peut-être pour la première….

    janvier 21, 2011 at 15 h 32 min

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