Cinema

[Cannes, Un certain regard] L’énigmatique et stimulant « Trésor » de Corneliu Porumboiu

[Cannes, Un certain regard] L’énigmatique et stimulant « Trésor » de Corneliu Porumboiu

26 mai 2015 | PAR Geoffrey Nabavian

A Cannes, on a pu voir ce nouveau film de l’auteur de 12h08 à l’Est de Bucarest, Caméra d’or 2006. Pour lequel il n’a aucunement renoncé à son style. Qui, associé à une histoire très simple, fait surgir des dimensions inédites, pas toujours évidentes, mais souvent marquantes.

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Bucarest, aujourd’hui. Deux hommes assez peu charismatiques entraînés dans la quête d’un « trésor » mystérieux. Enterré dans le jardin d’une maison de campagne, « avant l’arrivée des communistes »… Personnages pas expressifs. Climat gris. Administration coincée. Importance des histoires et de leur transmission… Le style de Corneliu Porumboiu (12h08 à l’Est de Bucarest, Policier, adjectif) interpelle. Peu de ruptures : toutes les scènes sont mises quasiment sur le même plan. Seule leur durée diffère. Et peut les rendre burlesques, et percutantes. Le passage le plus long ? Costi et son voisin de palier Adrian, nos deux « héros », qui cherchent, détecteur de métaux en main, le trésor dans le jardin. La caméra les regarde quadriller le terrain, deviser sur les possibilités de leur outil, puis choisir l’endroit, commencer à creuser…

Bien sûr, nos deux héros sont en difficulté, à cause de prêts à intérêts trop élevés. Bien sûr, la location du détecteur constitue un parcours administratif du combattant. Bien sûr, la police va s’en mêler. On pourrait s’attendre à un film social, que social. Mais le style de Corneliu Porumboiu emporte le morceau, et marque. Nous faisant passer du conte au film politique. Une œuvre qu’il vaut mieux voir plusieurs fois. Histoire de concentrer son attention, dans un second temps, sur les dialogues, chargés d’images parlantes…

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Le Trésor, un film de Corneliu Porumboiu. Avec Toma Cuzin, Adrian Purcarescu, Cristina Toma, Radu Banzaru, Florin Kevorkian. Production : Marcela Ursu, Nadia Turnicev / Sylvie Pialat, Julie Gayet, Olivier Père. Comédie dramatique, Roumain. Durée : 1h30.

Visuels : © Adi Marineci

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale.Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub.Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival.CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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