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Anima Bella et sa magnifique héroïne face à l’addiction de son père, en Compétition au Cinemed 2021

Anima Bella et sa magnifique héroïne face à l’addiction de son père, en Compétition au Cinemed 2021

25 octobre 2021 | PAR Geoffrey Nabavian

Nouveau film de l’italien Dario Albertini (Il figlio, Manuel), Anima Bella frappe avant toutes choses par l’itinéraire de sa toute jeune héroïne, magnifiquement interprétée. Il a été présenté au Festival du Cinéma Méditerranéen 2021, à Montpellier, à l’issue duquel il a gagné le Prix du Public Midi Libre.

Gioia vit dans une petite ville rurale d’Italie. Elle et sa famille sont peu riches, mais débordent d’énergie et de joie de vivre. Surtout, ils apprécient le cadre où ils habitent. Âgée de tout juste dix-huit ans, Gioia pourrait s’épanouir dans cette existence simple. Elle a cependant un problème à gérer : son père a une addiction aux jeux d’argent, aux machines à sous en l’occurrence. Bientôt, ce fait devenu dramatique les contraint à changer de vie, et à partir pour une plus grande ville afin d’essayer de régler le problème.

Anima Bella vaut en grande partie pour les partis-pris de réalisation de Dario Albertini, qui livre des images sur lesquelles le grain se voit, qui offrent des vues très réalistes de la situation décrite mais qui savent en même temps ne pas l’enlaidir, ne pas l’emmener vers le misérabilisme. Filmés à très juste hauteur, les lieux traversés procurent un grand sentiment de proximité, très beau. Et lorsque le cinéaste se permet quelques séquences légèrement enveloppées dans une atmosphère onirique, celles-ci apparaissent très justes et pas gratuites : on y suit l’héroïne et l’on éprouve, comme elle, surprise ou désillusion. Le style de la réalisation se met ainsi, régulièrement, au diapason de la perception du personnage central de l’intrigue.

Cette protagoniste est interprétée par la magnifique Madalina Di Fabio, douée d’une impressionnante force de jeu. Transmettant à merveille les conflits qu’elle traverse, tout le poids de ce qu’elle a à porter malgré son très jeune âge, et la mission qu’elle se doit de réussir, elle éblouit par son intensité toute souterraine, et par son énergie rentrée. On se prend de passion à la suivre dans son passage vers une vie pleine de responsabilités, qui l’amène par exemple à travailler comme livreuse, de façon très intensive, et à foncer sans fin sur les routes de la ville où elle a dû s’installer. Même si le film dévoile au fil de son déroulé quelques éléments de scénario qu’il laisse de côté ensuite, malgré leur côté intéressant, il n’en reste pas moins au final une belle mosaïque de fragments de vie, éclairés d’une lumière en demi-teinte, mais tout de même présente pour les éclopés décrits ici.

Anima Bella a été présenté au Festival du Cinéma Méditerranéen, à Montpellier, en 2021, au terme duquel il a gagné le Prix du Public Midi Libre, décerné suite aux votes des spectateurs. Il sortira dans les salles de cinéma françaises distribué par Le Pacte.

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Visuel : Anima Bella © Bibi Films

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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