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Cinemed 2021 : Antigone d’or au très réussi Hive

Cinemed 2021 : Antigone d’or au très réussi Hive

24 octobre 2021 | PAR Geoffrey Nabavian

Le Festival du Cinéma Méditerranéen a vu son édition 2021 se terminer le 23 octobre, à Montpellier, avec le sacre de Hive, engagé et réussi.

Alors que s’achève la quarante-troisième édition du Festival du Cinéma Méditerranéen, à Montpellier, on peut saluer le choix du jury de sa Compétition de longs-métrages d’avoir décerné l’Antigone d’or de Montpellier Méditerranée Métropole à Hive, film où la réalisatrice du Kosovo Blerta Basholli peint avec force et humanité un village totalement dominé par d’effrayantes traditions patriarcales. Un monde difficile dans lequel une femme au mari disparu suite à la guerre ayant frappé la région tente de travailler toute seule, malgré les menaces et les remarques de ceux qui l’entourent, jusqu’à sa propre fille. Un récit tiré d’une histoire vraie, mis en images avec de belles qualités techniques et une simplicité confinant à la justesse et au tragique. Et un Prix doté par Montpellier Méditerranée Métropole, représentant 15 000 euros. En attendant la sortie de ce film couronné dans les salles de cinéma françaises…

On goûte également le choix des spectateurs, qui par leurs votes ont désigné en tant que lauréat du Prix du Public Midi Libre Anima Bella, nouveau film de Dario Albertini, et portrait mis en scène avec de très justes partis-pris d’une jeune fille à peine sortie de l’adolescence, confrontée à l’addiction au jeu de son père. Une oeuvre qui sortira dans les salles françaises distribuée par Le Pacte. Et un Prix représentant 2 000 euros, offerts au réalisateur par Midi Libre.

Réalisé par Mounia Akl, et interprété notamment par Nadine Labaki, Costa Brava, Lebanon a remporté le Prix JAM de la meilleure musique, représentant 1 200 euros, doté par le JAM – Salle de concert, école de jazz et de musiques actuelles – et étant venu saluer le travail des compositeurs Nathan Larson et Zeid Hamdan. Ce film qui peint la retraite d’une famille libanaise loin de la dure vie en grande ville dans les montagnes, avec en fait de nouveaux défis à affronter, a également remporté le Prix de la Critique BNP Paribas – 2 000 euros décernés au réalisateur par BNP Paribas – une récompense qui a aussi distingué Libertad, de Clara Roquet, relatant l’amitié entre deux jeunes filles pendant un été en Espagne, remarqué à la Semaine de la Critique au Festival de Cannes, et lauréat ici d’une Mention spéciale.

Le Prix étudiant de la première oeuvre CCU-CROUS a salué, lui, Piccolo corpo, de Laura Samani, itinéraire d’une jeune femme pour ressusciter son bébé mort-né dans l’Italie de 1900, passé à la Quinzaine des réalisateurs 2021, à Cannes. Une récompense remise suite au choix opéré par des étudiants de Montpellier, dotée par le Centre Culturel Universitaire et le Crous, et représentant 1 500 euros. Tandis que le Prix des activités sociales de l’énergie, avec à la clé dix projections dans les centres de vacances du CCAS, est allé à Amira, nouveau film de Mohamed Diab.

Courts-métrages et documentaires primés

Le Grand Prix du Court-Métrage de Montpellier Méditerranée Métropole a couronné Déplacé de Samir Karahoda, originaire comme la lauréate de l’Antigone d’or cette année, du Kosovo. Un court consacré à deux hommes tentant de trouver un lieu d’accueil pour le sport qu’ils pratiquent, dans un Kosovo d’après-guerre, donc, et une récompense qui vaut 4 000 euros à son réalisateur, décernés par Montpellier Méditerranée Métropole, et 1 000 euros en prestations de post-production octroyés par Force de l’image production. Le film court Noir-Soleil de Marie Larrivé, réalisé en dessin animé et montrant un tremblement de terre faisant remonter le corps d’un homme noyé à la surface, et les conséquences de ce fait sur une famille, s’est vu lauréat d’une Mention spéciale à ce prix.

Le Prix Jeune public Ville de Montpellier – doté par la ville et représentant 2 000 euros – est allé à Angle mort de Lofti Achour, qui prend le parti de donner la parole à un homme disparu après avoir été enlevé par le régime de Ben Ali. Pour ce Prix, une Mention spéciale est allée à un autre film, T’embrasser sur le miel, de Khalil Cherti, court également lauréat du Prix Canal+, qui lui vaut d’être acheté par la chaîne pour une diffusion à l’antenne.

Enfin, le Prix du Public La Gazette – Titra Film, représentant 1 000 euros décernés au réalisateur par La Gazette et 500 euros en prestations DCP donnés par Titra Film, a récompensé I Santi de Giacomo Abbruzzese, montrant une jeune femme volant tant qu’elle peut pour rembourser les dettes de son frère drogué, dans les quartiers pauvres de la ville de Tarente.

Côté documentaire, de surcroît, le Prix Ulysse Decipro – Montpellier Méditerranée Métropole a salué Little Palestine – Journal d’un siège d’Abdallah Al-Khatib, qui faisait partie de la sélection 2021 de l’ACID, à Cannes, et montre la dureté des combats dans le quartier de Yarmouk, à Damas, pendant la Guerre en Syrie. Un prix représentant 3 000 euros, doté par Decipro et le Réseau des médiathèques Montpellier Méditerranée Métropole et Cinemed. Cette récompense a également donné lieu à une Mention spéciale, allée aux Enfants terribles d’Ahmet Necet Cupur, montrant une famille turque où la figure du père demeure toute-puissante.

Bourse d’aide au développement / Du court au long

Dans le cadre de la trente-et-unième Bourse d’aide au développement, le projet It’s a sad and beautiful world de Cyril Aris a pu recevoir une bourse de 8 000 euros du CNC et 2 500 euros de Titrafilm en prestations de service/post-production son. Terre promise de la réalisatrice Inbar Horesh a reçu une bourse de 4 000 euros de la Région Occitanie et 5 000 euros de French Kiss studio et Saraband en prestations de service/post-production. Quant au projet Le Rêve m’a trahi de Mohammad Shaikhow, il s’est vu offrir une Résidence d’écriture par le Centre des écritures cinématographiques du Moulin d’Andé.

Une autre opportunité du même type s’est trouvée offerte au projet Spring Cleaning, de Marija Apcevska, dans le cadre de la septième session du programme Du court au long. Quant aux résidences aux mêmes enjeux au LabMed, offertes par Méditalents dans le cadre, aussi, de Du court au long, elles ont été attribuées à Heparin Killer de Serhat Karaaslan – projet sélectionné – et à Aisha can’t fly away anymore de Morad Mostafa, pré-sélectionné.

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Visuel : affiche du Cinemed 2021

Une playlist, mais avant tout une chanson
The Rocket Man, a tribute to Sir Elton John
Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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