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Cannes 2021 : les films sélectionnés par l’ACID

Cannes 2021 : les films sélectionnés par l’ACID

08 juin 2021 | PAR Geoffrey Nabavian

En 2021, la sélection cannoise de l’ACID invite à plonger dans des micro-sociétés et à rencontrer des hommes et femmes luttant à leur façon.

Comme chaque année, à l’orée du Festival de Cannes, l’Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion (ou ACID) dévoile neuf films qu’elle va soutenir, choisis par quatorze réalisateurs, désireux de soutenir notamment les œuvres n’ayant pas encore de distributeur français, et les premiers longs-métrages. Neuf films qui seront accompagnés par l’Association à l’issue du Festival, et seront relayés auprès des exploitants – grâce au réseau de salles adhérentes notamment – ou auprès de partenaires éducatifs et dans le réseau de spectateurs relais & Jeunes Ambassadeurs, ainsi que présentés à des festivals internationaux pour d’éventuelles sélections, entre autres. En 2020, l’ACID a tâché, malgré les embûches dues au coronavirus, de faire vivre de la même manière sa sélection de films annuelle : cette dernière sera projetée lors du Festival de Cannes 2020, lors de séances avec l’étiquette « Retour vers le futur ». Dans cette sélection 2020 « ACID Cannes » figuraient notamment The Last Hillbilly (notre critique ici) ou le très beau Les Affluents.

Micro-sociétés en questionnement

Neuf films composent donc cette sélection 2021, et attendent d’être projetés à Cannes. Dans Aya, le réalisateur Simon Coulibaly Gillard s’attache aux pas d’une jeune fille vivant sur l’île de Lahou en Côte d’Ivoire, et refusant de partir malgré l’eau qui menace d’engloutir sa terre. Un film où celui qui signe la réalisation s’illustre aussi au scénario, à l’image et au son. Avec I Comète, Pascal Tagnati plonge, lui, dans un autre microcosme nimbé de soleil : un village en Corse, où les habitants de tous âges affrontent leurs questionnements, le temps d’un été. Un film dont le réalisateur est l’un des interprètes, également.

C’est dans un autre espace un peu à l’écart que plonge le héros de Down with the king, rappeur (joué par Freddie Gibbs, réellement artiste de rap) parti enregistrer un album dans une maison isolée, qui se découvre passionné par l’agriculture. Un film réalisé par Diego Ongaro et co-scénarisé par Xabi Molia. Nicolas Peduzzi plonge lui aussi dans un univers proche avec son film Ghost Song, où des jeunes gens s’activent à Houston, au Texas, essayant de donner vie à leurs rêves (y compris musicaux) avant qu’un ouragan ne passe. Un film où le cinéaste, déjà signataire de Southern Belle, poursuit son auscultation de certains visages des Etats-Unis.

Luttes de tous

Thomas Paulot est également présent au sein de cette sélection de l’ACID 2021, avec Municipale, film où un comédien se porte candidat à une mairie, sans révéler son vrai métier, qui compte notamment à son casting Laurent Papot. Le réalisateur Abdallah Al-Khatib livre, lui, avec Little Palestine – Journal d’un siège, un documentaire sur le siège de Yarmouk (quartier où vivent de nombreux Palestiniens), à Damas, opéré par l’armée de Bachar al-Assad.

Avec Soy libre, la réalisatrice Laure Portier signe, pour sa part, un film où elle suit son petit frère, à présent grand et se battant pour construire sa vie. A noter que la bande originale y est signée par Martin Wheeler. Et avec Vénus sur la rive, Lin Wang suit la trajectoire d’une jeune fille chinoise des années 90 confrontée à une société surtout régie par des hommes.

Enfin, dans Vedette, les documentaristes Claudine Bories et Patrice Chagnard (Les Arrivants, Nous le peuple) s’attachent à une vache, regardée comme une reine à une époque mais à présent âgée. Prise dans son ensemble, cette sélection apparaît au final cohérente, sous-tendue par de nombreux liens, et témoigne des regards ouverts des réalisateurs qui l’ont composée.

La sélection de films de l’ACID sera projetée dans le cadre du Festival de Cannes (qui se tiendra du 6 au 17 juillet).

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Visuel : affiche de la sélection Cannes 2021 de l’ACID

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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