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BERLINALE : « First Cow » : Première bouse du festival ?

BERLINALE : « First Cow » : Première bouse du festival ?

22 février 2020 | PAR Samuel Petit

La réalisatrice américaine Kelly Reichardt invite à suivre les vagabonds venus du monde entier pour se ruer vers l’or, souvent en vain. Elle se concentre sur l’itinéraire de deux hommes dont les rêves les poussent à se lancer dans une folle entreprise au péril de leur vie. L’équipe du film peut se rassurer, les défauts de First Cow seront vite oubliés et pardonnés : Philippe Garrel a présenté son nouveau film dans la soirée.

Après avoir suivi le martyr de Cookie (John Magaro), cuisinier itinérant et peu compétent dans une bande de mercenaires, le récit s’installe finalement dans un comptoir où cohabitent esclaves noirs, indigènes, russes et anglo-saxons en escale. C’est là que Cookie et King-Lu (Orion Lee) se lient d’amitié, échangent sur leurs rêves et cherchent la bonne combine qui les sortira de leur marasme.

Le film tarde à faire lever son intrigue boulangère – ils fabriquent des beignets – qui prend pour trop rapidement se dégonfler comme un soufflé. Le climax est atteint lorsque nos deux intrépides aventuriers confectionnent un clafoutis pour le chef de la bourgade à partir du lait qu’ils volent de la vache de ce dernier, l’unique bovin de la région.

Aussi, la proximité entre les deux protagonistes manque de relief ; on se surprend à fantasmer une relation homo-érotique qui aurait été la bienvenue afin de donner un peu de profondeur à une intrigue qui tire en longueur et de faire l’économie de dialogues tristement creux. C’est sans parler du spoil total et contre-productif de la scène d’ouverture…

Le naturalisme américain du film renseigne certes avec justesse le dénuement dans lequel est plongé cette deuxième ou troisième génération de pionniers, dans le deuxième XIXème siècle, mais par là même crée un fossé insurmontable entre les protagonistes et le spectateur que la réalisation ne parvient pas à combler.

 

Photo © Allyson Riggs/A24

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Samuel Petit

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