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[BERLINALE] Félicité :  Portrait grâcieux d’une femme battante

[BERLINALE] Félicité :  Portrait grâcieux d’une femme battante

12 février 2017 | PAR William Meignan

Le réalisateur franco-sénégalais, Alain Gomis, déjà venu à la Berlinale en 2012 pour nous présenter le remarqué « Tey » revient avec un superbe long-métrage, Félicité. Son film d’une honnêteté touchante sur les épreuves d’une femme indépendante qui décide de ne pas se plier aux injonctions sociales.

A Kinshasa, Félicité (Véro Tshanda Beya) vit seule avec son fils. Elle s’en sort grâce aux concerts qu’elle donne quotidiennement dans le bar du quartier où sa voix permet aux habitués d’oublier leur misère le temps d’une soirée. Sa vie bascule lorsque son fils a un accident et qu’elle doit trouver l’argent pour le faire opérer. Cette femme mystérieuse et pleine de ressources va se battre pour réunir la somme nécessaire.

A la fois admirée et isolée par excès de dignité, Félicité vacille entre lutte et acceptation de son destin. Par sa mise en perspective du rapport intriqué de l’intime de la vie de Félicite et du paysage urbain de Kinshasa, le réalisateur arrive à nous montrer la part visible et invisible d’un quotidien en proie aux aléas de la vie.

Grâce à des acteurs non professionnels d’une grande justesse et une grande place laissée à la musique et aux rêves, la quête de renaissance de Félicité, obstinée et courageuse, portée à l’écran par Alain Gomis est d’une grande véracité. Sa portée universelle et ne nous laisse pas insensible.

« La vie frappe dure, on l’apprend quotidiennement en vieillissant » Alain Gomis

 

Loin de se vouloir miséreux ou faussement sociologique, Félicité est un « film optimiste, pas d’un optimisme naif, mais optimiste dans nos réalités. C’est un film qui regarde devant, un film pour l’avenir » selon les mots de Alain Gomis, seul représentant du continent africain dans la compétition officielle cette année à Berlin.

© Andolfi

© Ian Langsdon/epa/rex/shutterstock

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William Meignan

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