Cinema

Berlinale 2019: Tag 1, jetzt geht’s los!

Berlinale 2019: Tag 1, jetzt geht’s los!

08 février 2019 | PAR Samuel Petit

Alors que la conférence de presse du jury le matin ainsi que la cérémonie d’ouverture enthousiasment journalistes et professionnels, le film d’ouverture The Kindness of strangers de Lone Scherfig déçoit énormément.

Le top départ de la compétition a été donné en ce jeudi ensoleillé. Une certaine connivence régnait entre journalistes inconditionnels et membres du jury à leur aise dans un Berlin hivernale que tous louaient pour son agréable excentricité et avant-gardisme accueillant. Chacun s’accordait à dire que la Berlinale s’offrait comme une maison saisonnière : le jury international n’a pas tari de commentaires élogieux sur la contribution à part entière de Berlin et plus généralement de l’Allemagne au dynamisme du cinéma mondial, de nos jours comme sous la République de Weimar, il y a cela un siècle. La présence de Sandra Hüller dans le jury, acclamée pour sa prestation dans Toni Erdmann, appuyait le propos de ses collègues. Par ailleurs, c’est avec un brin de nostalgie que beaucoup de souvenirs liés aux éditions précédentes de la Berlinale ont été largement évoqués.

Sans surprise, deux thèmes sont ressortis comme majeurs de cette conférence de presse : la présence de films produits par Netflix dans le programme officiel, et ce que cela dit et anticipe des changements profonds dans le cinéma actuel. Et bien sûr, les transformations nécessaires et urgentes suite à l’onde de choc #metoo. Les membres du jury n’ont pas manqué de saluer la proportion exceptionnelle de réalisatrices en compétition cette année ; Rajendra Roy, se faisant l’égérie du cinéma féministe 2.0, faisait la promotion avec peu de subtilité de son t-shirt « the future of film is female ». La question des relations de ces grandes figures du cinéma international dans le jury, et plus précisément de sa présidente Juliette Binoche, avec Harvey Weinstein n’a pas été passée sous silence : tout en rendant hommage au mouvement, celle-ci a précisé n’avoir jamais rencontré de problèmes avec lui, rappelant que ce fût un grand producteur bien qu’un porc. « Peace to his mind. He had enough ».

Si l’audace du jury de l’année précédente qui avait attribué l’Ours d’or à Touch me not, film documentaire et nébuleux sur la sexualité de personnes handicapées LGBTQ, a été unanimement saluée, ce coup de poker laissa nombre de commentateurs sur le carreau en déjouant tous les pronostics. Afin d’éviter de se retrouver à nouveau dans cette situation embarrassante, les journalistes ont pris les devants en demandant au jury d’expliciter non seulement ses critères d’appréciation, mais également ses goûts et coups de cœur récents, à la Berlinale comme ailleurs.

La nuit tombée, les feux du Berlinale Palast se sont enfin allumés, les badots se sont entassés, les stars ont paradé, les flashs ont crépité et nombre de selfies ont raté. Le tapis en plastique recyclé a, comme prévu, fait sur les convives le plus grand effet, contrairement au film d’ouverture. Et nous, nous allons enfin nous coucher pour mieux demain la suite vous conter.

 

Bild: Hannibal Hanschke/Reuters

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Samuel Petit

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