Cinema

Arras Film Festival Jour 3 : Road-movie funéraire et triangle amoureux

Arras Film Festival Jour 3 : Road-movie funéraire et triangle amoureux

17 novembre 2019 | PAR Hugo Saadi

Avant de connaître le palmarès de cette 20ème édition qui se termine ce soir, retour sur la 3ème journée de Toute la Culture au Arras Film Festival. Au programme : deux films de la compétition européenne qui nous emmènent en Bulgarie et en Pologne. 

Le second et dernier week-end du festival a débuté sous une légère pluie fine en ce samedi 16 novembre. De notre côté, à 11H30, c’est le film The Father qui est passé à la moulinette. À l’image des précédents films de la compétition, le film de Kristina Grozeva s’attache à nous bousculer soudainement après une tragédie. Ici, c’est Vasil qui se retrouve confronté à la mort de sa femme et tombe dans une spirale où la folie et l’amour perdu s’entremêlent le mettant au pied du mur. Ce père, persuadé que sa femme avait quelque chose d’important à lui dire avant de mourir, tente par tous les moyens de rentrer en contact avec elle. S’ensuit alors une succession de situations incongrues plongeant le spectateur dans une tragicomédie originale et pimpante. Par ailleurs, à travers ce périple, le père va se rapprocher de son film, et nous offrir un beau duo au caractère bien particulier. Si le manque de rythme de The Father est problématique au démarrage, la curseur est vite réglé par la suite et le spectateur se laisse embarquer dans les diverses situations comiques. À l’arrivé, on assiste donc à une sorte de charmant road movie funéraire qui émeut. 

Dans l’après-midi, c’est toujours face à la tragédie qu’on est confronté avec The Iron Bridge. La réalisatrice polonaise Monika Jordan-Mlodzianowska nous immisce au sein d’un triangle amoureux qui rapidement prend des allures dramatiques. On découvre alors l’histoire de Kacper, contremaître dans une exploitation minière, qui s’est énamouré de Magda, la femme de son collègue et ami Oskar. Tout bascule le jour où Oscar est pris au piège dans la mine suite à un séisme. Les remords refont surface et ce triangle amoureux vrille face à la catastrophe. Avec The Iron Bridge, la réalisatrice évite de proposer un format simple et caricatural de cet amour impossible en déstructurant son récit. Quelques flashback viennent contextualiser la romance et le spectateur peut dès lors suivre la mission de secours d’Oskar en ayant conscience de la complexité de la situation. The Iron Bridge se transforme ensuite en film de survie, où la tension et le suspens sont bien présents et livre un final dense et bien ficelé. En somme, un beau film qui ne s’enfonce jamais dans la romance cheesy et qui garde une certaine distance. 

Une playlist à toute épreuve
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Hugo Saadi

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