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Tirez la langue Mademoiselle : Axelle Ropert filme la naissance de l’amour dans le 13ème arrondissement

Tirez la langue Mademoiselle : Axelle Ropert filme la naissance de l’amour dans le 13ème arrondissement

10 août 2013 | PAR Yaël Hirsch

 

 

 

L’excellente réalisatrice de la « Famille Wolberg » est de retour. Avec une fable toujours aussi douce amère et toujours concentrée sur la famille. En toile de fond de « Tirez la langue Mademoiselle », il y a la rousseur nocturne de Louise Bourgoin et les tours du 13ème arrondissement. Irrésistiblement drôle, mélancolique et intemporel. Sortie le 4 septembre.

Boris (Cédric Kahn, excellent acteur comme on avait pu se le rappeler en le voyant dans le rôle du grand frère dans « Alyah« ) et Dimitri (Laurent Stocker, tout aussi subtil) sont frères, vivent dans deux immeubles adjacents et travaillent ensemble. Aimés de tout leur quartier, le 13ème arrondissement, ils sont des médecins à l’ancienne, à la « Knock » mais en mode honnête et passionnés par leurs patients : gastros, bobos et maux de dos sont un quotidien qu’ils gèrent avec tout leur savoir faire, une immense patience et un intérêt vrai pour l’âme humaine. Sauf qu’à vivre resserrés l’un sur l’autre, ils deviennent interchangeables. Si leur routine laisse de la place à des errances nocturnes, les femmes n’existent pas et ils n’ont pas droit à une vie de famille indépendante. Jusqu’au jour où « une petite taupe » les appelle au secours, de nuit. La petite fille est diabétique et sa maman travaille dans un bar. Quand ils rencontrent cette dernière, la belle Judith au manteau, aux gants et aux cheveux, rouges, les deux frères tombent amoureux en même temps de la même femme. Leur équilibre en est bouleversé.

Nocturne, atemporel et penché sur un quartier que l’on connaît peu : le 13ème et sa communauté chinoise, « Tirez la langue Mademoiselle » parvient en quelques plans à dresser une atmosphère inimitable, faite de tendresse, de tristesse et d’un profond humanisme. Un film résolument beau, nostalgique, avec des acteurs tout bonnement formidables. Un film qui conserve également, à peine masqué par ses teintes grisonnantes, une pureté de diamant. L’amour rayonne dans l’univers dépeint par Axelle Ropert, et ce, même quand la vie et la mort condamnent certains d’entre nous, dans la plus parfaite injustice.

« Tirez la langue Mademoiselle », d’Axelle Roppert, avec Laurent Stocker, Cédric Kahn, Louise Bourgoin, Serge Bozon, Paula Denis, Camille Cayol, France, 2013, Pyramide Distribution, 1h42. Sortie le 4 septembre 2013.

(c)Claire Nicol

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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