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« Maléfique : Le Pouvoir du mal », une histoire aux frontières du réel et de l’imaginaire

« Maléfique : Le Pouvoir du mal », une histoire aux frontières du réel et de l’imaginaire

16 octobre 2019 | PAR Magali Sautreuil

Cinq ans après avoir revisité le mythe de Maléfique, Disney nous emmène de nouveau dans la Lande, sur les traces de la princesse Aurore et de sa ténébreuse marraine. Au-delà du simple conte de fées, ce nouveau film aborde des thèmes universels, qui nous questionnent sur ce qu’est véritablement une famille. À découvrir au cinéma à partir du 16 octobre 2019.                                

Une histoire de famille, d’amour et de haine…

Malgré leurs différences et leur passé, au fil des années, Maléfique a appris à aimer Aurore comme sa propre fille. Leur relation est la preuve même que les humaines et les créatures magiques peuvent vivre en harmonie ! Mais au-delà de la Lande, haine et méfiance règnent toujours entre les peuples…

Toutefois, une lueur d’espoir renaît avec la perspective du mariage entre le prince Philippe, héritier du Royaume d’Ulstead et Aurore, que sa marraine a couronné reine de la Lande. Mais si certaines personnes n’aspirent qu’à une paix durable, d’autres, comme la reine Ingrith, rongées par des rancunes passées, risquent de mettre en péril ces fragiles espérances… Tandis que certains préparent un mariage, d’autres fourbissent les armes pour partir en guerre…

Aurore, qui est désormais une douce et jolie jeune femme, va ainsi se retrouver prise entre deux feux et devra faire face à un dilemme cornélien : choisir entre le monde des fées ou celui des hommes. Ce n’est qu’en découvrant qui elle est véritablement qu’elle parviendra à concilier les différentes facettes de sa personnalités et ses origines. En effet, même si elle reste humaine, les liens qui l’unissent à Maléfique et à la Lande sont extrêmement puissants : ils sont sa famille !

Ce thème est d’ailleurs au cœur de ce nouveau film. Comme tout parent, Maléfique redoute le moment où Aurore, qu’elle considère comme son enfant, devra quitter le foyer où il a grandi. Comme n’importe qui, elle-aussi souffre de ne pas savoir ni qui elle est, ni d’où elle vient…, une question à laquelle chacun doit répondre pour pouvoir se construire et aller de l’avant. À l’instar d’Aurore qui comprendra rapidement que la vie de château n’est pas faite pour elle, Maléfique apprendra à se connaître en découvrant qu’elle n’est pas la seule représentante de son espèce !

Des univers oniriques et une ode à la diversité !

La rencontre avec les autres fées noires a suscité chez nous un véritable émerveillement. Pourchassés par les humains, ces êtres féeriques habitent en communauté, à l’abri des regards, dans une grotte, où ils sont recréés leurs environnements respectifs : la jungle, la toundra, la forêt et le désert. Vivant en symbiose avec la nature, leur apparence est le reflet des écosystèmes dans lesquels ils ont évolué. « Les fées de la jungle sont très colorées, tandis que celles du désert ont une apparence sèche et craquelée, et leurs ailes sont dans les tons de leur peau. Celles de la toundra sont blancs, polaires, avec beaucoup de plumes dans des tons bleu pâle et gris pâle, et celles de la forêt sont verts et bruns avec des qualités très organiques qui rappellent les arbres. » Les fées noires et leur environnement ne sont pas sans rappeler les espèces en voie d’extinction et les bouleversements que subit notre planète. Ils témoignent de la richesse et de la fragilité de notre monde.

La Lande, sur laquelle Aurore et Maléfique veillent, montre ce que la nature a à offrir, lorsqu’elle demeure inviolée. Elle constitue un cadre idyllique à la végétation luxuriante, alimentée par des rivières et où de nombreuses créatures féériques vivent en parfaite osmose.

Convoitée par les hommes, ce paradis terrestre est source à la fois de convoitise et de crainte. Le royaume des humains offre un contraste saisissant avec ces milieux « naturels ». La ville et l’imposant château qui la domine sont d’inspiration médiévale et Renaissance, voir XVIIe pour les jardins. Intemporels, ils constituent une sorte d’hétérotopie dans laquelle nous pouvons reconnaître des éléments familiers. La nature y est domestiquée et distillée à dose homéopathique. La pauvreté semble elle-aussi avoir été maîtrisée. Parmi la population, point de gueux, que des personnes plutôt bien habillée et mangeant à leur faim. On peut le déplorer, mais aussi le comprendre. Le royaume des hommes est en quelque sorte une allégorie de la puissance des humains. Tels les portraits officiels, il doit faire étalage de leur prestige et de leur force.        

Cette distinction très nette entre les humains et les créatures magiques se retrouvent aussi dans leur manière de se vêtir. Les hommes portent des costumes et des parures très élaborés et compliqués, tandis que les autres arborent des tenues plus simples, d’inspiration naturelle. À la superficialité des hommes s’oppose ainsi le côté naturel des êtres féériques.  

Mais malgré toutes ces différences, une cohabitation reste possible. La tolérance et l’acceptation de l’autre, tel qu’il est, sans vouloir changer sans nature, est l’autre grand thème aborder par ce film. C’est une des choses que comprendra la princesse Aurore, lorsqu’elle réalisera à quel point elle avait blessé sa marraine en lui offrant un foulard pour couvrir ses cornes…

Sous les apparences d’un conte, ce film interroge donc notre société et notre capacité à vivre en harmonie à la fois avec la nature et avec des êtres qui sont différents de nous. Un voyage enchanteur et dépaysant, qui nous touche au plus profond de nous-mêmes.

Maléfique : Le Pouvoir du mal, un film fantastique réalisé par Joachim Rønning, avec Angelina Jolie (Maléfique), Elle Fanning (Aurore) et Michelle Pfeiffer (Reine Ingrith), produit et distribué par Walt Disney. Durée : 1 h 59. Sortie française au cinéma : Mercredi 16 octobre 2019.

Visuel : Disney © Andy Fairhurst

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Magali Sautreuil
Formée à l'École du Louvre, j'éprouve un amour sans bornes pour le patrimoine culturel. Curieuse de nature et véritable "touche-à-tout", je suis une passionnée qui aimerait embrasser toutes les sphères de la connaissance et toutes les facettes de la Culture. Malgré mon hyperactivité, je n'aurais jamais assez d'une vie pour tout connaître, mais je souhaite néanmoins partager mes découvertes avec vous !

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