Jazz

Samy Thiébault : « L’Orchestre Symphonique de Bretagne était dès le début pour moi un partenaire idéal. C’est un orchestre qui a l’habitude des métissages »

Samy Thiébault : « L’Orchestre Symphonique de Bretagne était dès le début pour moi un partenaire idéal. C’est un orchestre qui a l’habitude des métissages »

15 octobre 2019 | PAR Amelie Blaustein Niddam

L’Orchestre Symphonique de Bretagne propose deux soirées, les 24 et 25 octobre,  au titre clair :  « Ça va jazzer ».  Samy Thiébault sera sur la scène de l’Opéra de Rennes pour offrir son Symphonic Tales. Il nous parle de cette programmation Jazz au sein d’un orchestre classique.

Sur la scène de Rennes, vous allez défendre votre dernier album Symphonic Tales.  Ce n’est pas la première fois que l’orchestre regarde du côté du jazz, vous le saviez surement, comment s’est passée cette demande de collaboration ?

La demande s’est faite via l’un de mes managers, Jean Louis Perrier, qui travaille avec l’’Orchestre Symphonique de Bretagne depuis longtemps. Il s’agissait pour moi d’un rêve d’enfant et au moins l’un des morceaux du répertoire était déjà écrit au moment où nous avons contacté l’osb. Cette préparation bien en amont nous a peut être rendu crédible aux yeux de la programmation de l’Orchestre Symphonique de Bretagne, sur ce sujet, seuls eux sauraient répondre ! Il faut préciser que l’’Orchestre Symphonique de Bretagne était dès le début pour moi un partenaire idéal. C’est en effet un orchestre qui a l’habitude des métissages, et cela s’est grandement ressentit lors de notre première rencontre. 

Avez-vous la sensation d’une ouverture du classique vers les champs plus pop ? Récemment par exemple Laurent Couson invitait Charles Schillings à la Seine Musicale 

D’une manière générale nous vivons une époque où il est devenu très difficile de cloisonner les styles. Pour le meilleur souvent mais aussi parfois pour le pire. Mais au delà d’un phénomène social, la notion de style n’a jamais été très stricte, à moins de se donner à soi même son propre arrêt de mort : pas d’école Française (Fauré, Debussy, Ravel, Boulanger…) sans la découverte de la modalité dans les musiques traditionnelles, pas de « Flûte Enchantée » sans la musique populaire viennoise contemporaine de Mozart, pas de Gershwin sans Stravinsky, pas de Jim Morisson sans Coltrane, et la liste est tellement longue ! La création est avant tout rencontre et ouverture à l’autre. 

Par rapport à vos concerts 100% jazz, est-ce que l’écriture est différente ? J’imagine que la part d’improvisation propre au jazz disparaît ? 

Bien au contraire !  L’écriture orchestrale, du moins telle que je l’ai pensée sur ce projet en est l’exacte répondant ! J’ai voulu que l’orchestre soit un sixième membre de groupe et j’ai souhaité que l’interaction soit complète entre écriture et improvisation, masse et épure. De la même façon, la section rythmique doit être en dialogue avec l’orchestre et aucun de ces deux acteurs ne doit être un faire valoir de l’autre. J’ai souhaité que ces éléments forment un ensemble complémentaire et unifié. 

Quel est l’apport pour vous de jouer avec un orchestre symphonique ?  

Une expérience unique et magique ! Ces rencontres sont rares, pour des raisons techniques et financières, et je suis très heureux et honoré de la confiance que nous à accordé l’’Orchestre Symphonique de Bretagne . Pour moi, comme les musiciens de mon groupe, c’est un rapport complètement différent au tempo, au dialogue et au son, qui casse complètement nos habitudes, donc forcément un moment enrichissant pour nous et j’espère pour le public. 

Le lendemain, le 25 octobre , Le saxophoniste Sylvain Rifflet  va se prêter à l’exercice. Est-ce que vos deux soirées sont reliées ?

C’est aux programmateurs du festival de le dire, mais subjectivement et à mon humble avis il me semble que oui. J’ai beaucoup écouté l’album de Sylvain pendant que j’écrivais la musique de « Symphonic Tales » , c’est un merveilleux saxophoniste et un artiste sans concession, j’ai beaucoup de respect pour son travail et sa musique. 

La tournée de Symphonic Tales va vous emmener au Maroc, parlez-moi de ces dates loin de la Bretagne ! 

Elle va aussi nous emmener en Russie, en Italie, en Chine, elle a été jouée au Venezuela, et d’autres dates sont en préparation, notamment avec une formule réduite de l’orchestration (4 vents et bois, 3 cuivres, un Quintet à cordes, et la section rythmique) dont nous avons présenté l’avant première au Duc Des Lombards à Paris en septembre dernier. Un nouveau groupe est né avec ce nouvel ensemble et j’ai très hâte d’être sur la route avec eux ! , Rennes, Caracas, Agadir, Paris, ce sont autant d’occasions de rencontres à l’Autre, publics, cultures, équipes…Cela élargit notre conscience, notre cœur et agit donc nécessairement sur notre musique, et j’espère sur la façon dont elle sera partagée le moment du concert. Et dont je l’envisagerai comme compositeur après. Ce sont autant de chances de se réaliser et de s’ouvrir à autrui, ce qui est la part la plus enthousiasmante de notre métier ! 

Informations pratiques et réservations ici

Visuel : Autorisation d’utilisation par le service de presse de L’Orchestre Symphonique de Bretagne

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C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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