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Les Amants passagers : Pedro Almodovar nous envoie au septième ciel

Les Amants passagers : Pedro Almodovar nous envoie au septième ciel

02 avril 2013 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Ce film est jouissif, ne retenez pas vos rires. Pour son dix-huitième long métrage professionnel le réalisateur espagnol nous emmène dans une comédie tordante au prétexte de quelques petits tours en avion.

Dès la première seconde du générique des Amants Passagers, Pedro Almodovar joue cartes sur table. Nous voici face à un générique de dessin animé dont la musique est celle de Dario Moreno – Tout L’amour Que J’ai Pour Toi – On est directement dans l’ambiance, couleurs pops, vingtième degré assuré et esthétique gay revendiquée.

L’histoire est celle d’un incident aérien. A bord du vol 2549 de la compagnie Península, en direction de Mexico, les pilotes réalisent que le train t’atterrissage est bloqué. L’avion va devoir tourner en rond jusqu’à nouvel ordre. Loin d’affoler les passagers de la première classe (ceux de la classe éco ont été drogués pour éviter « le syndrome classe éco »), des personnages au caractère bien trempé en profitent pour picoler des boissons vintage et s’envoyer en l’air, là encore, sans que cela ne trouble personne. Normal, nous sommes dans le ciel, bien loin des conventions terre-à -terre, terre où Almodovar laisse les stars et téléphones portables. Dans les airs, tout est public, tout le monde est quelqu’un.

Loin d’être juste une poilade, Les Amants Passagers est un best-of Almodovar. Tout est ici improbable, de la couleur bleue turquoise des sièges au rose à lèvres fuchsia d’une jeune mariée qui s’avérera être une lubrique somnambule.
Dans ce huis clos placé dans les cieux, paradis fantasmé obligé, tout est prétexte à deux choses : d’énormes vannes que nous ne dévoilerons pas ici et d’immense hommages à son propre cinéma.

Ainsi, mères, femmes en talons aiguilles, hommes aux identités troubles, folie, suicide, homos qui s’assument en jouant les folles, bondieuserie, perversité… tout est là sans en avoir l’air, et c’est bien là le fil conducteur de ce film improbable qui puise son humour dans les belles heures de Peter Sellers.

Les acteurs sont comme toujours chez le maître, armés d’un décalage incroyable qui leur permet de garder tout le sérieux du monde dans des scènes totalement foutraques. Pedro Almodovar se lâche une fois plus en faisant rupture dans le traitement de son sujet préféré, celui des métamorphoses, après le troublant La piel que habito, riez maintenant pauvres terriens !

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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