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« La Reine des Neiges II », une suite parfaite et un véritable renouveau…

« La Reine des Neiges II », une suite parfaite et un véritable renouveau…

20 novembre 2019 | PAR Magali Sautreuil

En 2013, le monde découvrait La Reine des Neiges. Le succès retentissant de ce film d’animation Disney et de sa chanson emblématique Libérée, délivrée ne sont plus à démontrer. Face à une telle réussite, réaliser une suite aurait pu en effrayer plus d’un. Et pourtant, voici que sort au cinéma ce 20 novembre 2019« La Reine des Neiges II ». Cinq années se sont écoulées depuis le premier opus, cinq années qui ont donné naissance à ce que nous considérons aujourd’hui comme la suite parfaite…

Les deux films se complètent en effet parfaitement pour former une seule et même histoire.

Dans La Reine des Neiges I, Elsa craignait que ses pouvoirs soient une menace pour le monde. Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts et elle est devenue reine d’Arendelle. Elle est entourée de ceux qu’elle aime et son peuple a fini par l’accepter telle qu’elle est, avec ses pouvoirs. Mais rien n’est éternel. Le changement fait partie de la vie, comme nous le montre le film.   

Et en effet, trois ans plus tard, l’équilibre qu’Elsa a enfin trouvé se trouve menacé par une voix qui l’appelle. Intriguée et effrayée par cette dernière qu’elle seule peut entendre, elle tente d’abord de résister à son chant, terrifiée à l’idée de perdre ce qu’elle chérit et ce qu’elle a construit jusqu’alors. Mais cette voix semble lui promettre des réponses sur l’origine de ses pouvoirs… Elle décide alors de partir une nouvelle fois à l’aventure pour découvrir qui elle est, en espérant que le peuple d’Arendelle n’aura pas à souffrir de cette envie égoïste… C’est ce dilemme entre l’envie de comprendre d’où viennent ses pouvoirs et sa peur de l’inconnu que traduit avec brio la chanson Into the unknown/Dans un autre monde. Son seul indice : des cristaux de glace en forme de losange avec à l’intérieur les symboles des quatre éléments, un motif que l’on retrouve aussi dans le châle de la reine Iduna, à l’orée de la forêt enchantée et dans le titre du film. Le fait que seule Elsa puisse entendre l’intrigante sirène et que ce motif lui soit apparu à l’issue de la chanson Into the unknown/Dans un autre monde prouve que son pouvoir lui vient de la nature. C’est ce lien si particulier qui la lie aux différents éléments que le film cherche à explorer. La berceuse envoûtante chantée par la reine Iduna, All Is Found/ La berceuse d’Ahtohallan, invite Elsa à partir en quête de cette fameuse rivière qui renferme la mémoire du monde, l’eau étant censée conserver la trace de tous les êtres par lesquels elle est passée…

Toutefois, ce coup-ci, pas question qu’Elsa fasse cavalier seul. Sa sœur Anna et ses amis, Kristoff, le bonhomme de neige Olaf et le renne Sven, sont bien décidés à l’accompagner. Ils sont une famille désormais et doivent se serrer les coudes. Mais les pouvoirs d’Elsa seront-ils assez puissants pour protéger son peuple et ceux qu’elle aime ? Rien n’est moins sûr. Ils devront repousser leurs limites pour braver les dangers et les secrets qui se cachent au sein d’une mystérieuse forêt enveloppée d’un épais brouillard depuis trois décennies. Ils devront aussi affronter la colère des esprits élémentaires (Bruni, la salamandre, Gale, l’esprit du vent, les géants de la terre et Nokk, un fougueux étalon issu du folklore nordique qui matérialise la puissance de l’océan), qui l’ont isolée du reste du monde suite à une bataille féroce entre les soldats d’Arendelle et ceux du Northuldra. Comme chacun le sait, une forêt enchantée est un lieu de transformation et nos héros en ressortiront forcément différents de ceux qu’ils étaient en y entrant…

Le changement est vraiment au cœur du film. L’histoire se déroule d’ailleurs au cœur de l’automne, période de mutations par excellence. Chaque personnage est confronté à des choix qui vont influer sur le cours de leur vie et chacun décide d’aller de l’avant. Ce cheminement intérieur s’observe notamment à travers les nouvelles chansons écrites par Christian Beck, Robert Lopez et Kristen Anderson-Lopez, qui reflètent la personnalité,  l’état d’esprit et l’évolution de chaque protagoniste.

La métamorphose la plus spectaculaire est celle d’Anna. Dans ce second opus, on découvre que la sœur d’Elsa n’est pas un personnage optimiste par nature, mais qu’elle a fait le choix de l’être. C’est sa force de caractère, son mantra. Lorsqu’elle est prête à s’abandonner au désespoir, seule dans l’épisode de la grotte, elle décide de se relever et d’aller de l’avant, comme le dit la chanson The next right thing/ Tout réparer. En réalisant ce qu’elle est capable d’accomplir seule, Anna sort enfin de l’ombre de sa sœur pour prendre son destin en main. La chanson qu’elle interprète alors comprend également un formidable message d’espoir, selon lequel il est toujours temps d’agir pour réparer les erreurs du passé, y compris celles modifiant le cours de la nature, ce qui résonne particulièrement avec les problématiques environnementales de notre société.

La Reine des Neiges II nourrit donc non seulement la réflexion des personnages sur leur identité et leurs actions, mais aussi la nôtre…

Comme dans le premier film, même si dans celui-ci il se pose énormément de questions sur la vie, la mort…, le bonhomme de neige Olaf apporte bonne humeur et légèreté à ce nouvel opus, notamment lorsqu’il tente de résumer les différents rebondissements de l’histoire d’Elsa et de ses compagnons (un bon résumé pour ceux qui n’auraient pas vu le I !). Ces moments sont précieux puisqu’ils permettent au film de respirer. Le duo Kristoff/Sven provoque lui-aussi sourires et rires, en particulier lorsqu’en plein milieu de la forêt, ils entonnent la chanson Lost in the Woods/ J’ai perdu le Nord, avec pour seul auditoire des dizaines de rennes. Même si cette ballade est touchante de sincérité, on ne peut s’empêcher de sourire à cause de sa mise en scène. Celle-ci a en effet été tournée comme dans un vidéoclip des années 1980, avec des plans séquences et une brise romantique soufflant dans les cheveux de Kristoff, sans oublier le chœur de rennes… Épique !

Mais La Reine des Neiges II, ce n’est pas seulement une histoire envoûtante avec des personnages attachants qui se sont étoffés et qui ont mûri au fil des années, ce sont aussi de somptueux paysages nordiques. Leur réalisation est bluffante et les images de synthèse d’un réalisme incroyable. On a vraiment l’impression d’avoir des prises vue réelles de la Norvège, de la Finlande et de l’Islande, mélangées à l’animation des personnages. Dans cette épopée où la nature est omniprésente et nous éblouit par sa beauté, on a le sentiment de sortir grandis de cette aventure, avec plein de belles chansons à l’esprit. Quand on croit avoir trouvé sa place, la vie se montre parfois joueuse et nous indique un autre chemin possible…

La Reine des Neiges II, film d’animation Disney réalisé par Chris Buck et Jennifer Lee avec les voix françaises/anglaises de Charlotte Hervieux/Idina Menzel (Elsa), Emmylou Homs/Kristen Bell (Anna), Dany Boon/Josh Gad (Olaf) et Donald Reignoux/Jonathan Groff (Kristoff). Durée : 1 h 43. Sortie française au cinéma : le 20 novembre 2019.

Visuels : © 2019 Walt Disney Studios Motion Pictures. All Rights Reserved.

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Magali Sautreuil
Formée à l'École du Louvre, j'éprouve un amour sans bornes pour le patrimoine culturel. Curieuse de nature et véritable "touche-à-tout", je suis une passionnée qui aimerait embrasser toutes les sphères de la connaissance et toutes les facettes de la Culture. Malgré mon hyperactivité, je n'aurais jamais assez d'une vie pour tout connaître, mais je souhaite néanmoins partager mes découvertes avec vous !

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