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« Filles de joie » : Sara Forestier, Noémie Lvovsky et Annabelle Lengronne en trio de femmes puissantes

« Filles de joie » : Sara Forestier, Noémie Lvovsky et Annabelle Lengronne en trio de femmes puissantes

21 juin 2020 | PAR Yaël Hirsch

Le film attendu de Fre?de?ric Fonteyne & Anne Paulicevich sur la double-vie courageuse de trois femmes qui vendent leurs corps sous des noms de déesses sort ce lundi 22 juin sur nos écrans, avec une séance inaugurale à Paris en présence l’équipe à 9h  l’UGC Cité Ciné Les Halles. Une oeuvre âpre au casting puissant.

Dans le Nord de la France, Axelle (Sara Forestier), trentenaire vivant seule avec ses fille set sa mère, Dominique (Noémie Lvovsky) cinquantenaire mariée et mère de deux adolescents, et Conso (Annabelle Lengronne), vingtenaire libre, y compris de refuser de faire les ménages, partent tout les jours ensemble dans la voiture de Dominique. Elles vont secrètement gagner leur vie sous des noms de déesses dans une maison close, en Belgique, de l’autre côté de la frontière. Très différentes, elles sont néanmoins unies dans l’adversité et font front autour de leur secret et des agressions qu’elles pourraient subir, notamment des hommes. Ces derniers sont d’ailleurs peut-être plus menaçants dans la vie que dans le cadre rythmé de leur métier.

Très documenté et soucieux de présenter avec profondeur et humanité les trois personnages comme des « héroïnes du quotidien », Filles de joie parvient à ancrer, entre fiction et documentaire, toute une série de questions. Livrant à peine plus que 24h de la vie de ces femmes en trois séquences où chacune est l’héroïne et les deux autres adjuvantes, le film est cru et d’un réalisme puissant. Mais il n’est jamais être impudique ou trop démonstratif. N’hésitant pas, à l’aune de ses héroïnes, à appeler un chat, un chat, à décrire une pratique sexuelle, à dire la physicalité du métier ou à montrer la perversion de certains hommes, parfois avec dureté, parfois quand elle est douce aux femmes, avec tendresse, Filles de joie remplit parfaitement son cahier des charges. Fre?de?ric Fonteyne & Anne Paulicevich dressent le portrait de trois femmes simples et néanmoins puissantes. Le casting porte le projet, avec notamment une Noémie Lvovsky au sommet de son charisme et de sa justesse. Un beau film, dur, âpre et d’une humanité lumineuse, par-delà la noirceur d’un quotidien difficile.


Filles de joie, de Fre?de?ric Fonteyne & Anne Paulicevich avec Sara Forestier, Noémie Lvovsky et Annabelle Lengronne, 2019, France, Les films du Poisson / KMBO, sortie le 22 juin 2020.
visuel : affiche du film.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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