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FEFFS 2017 : les court-métrages internationaux [Critique]

FEFFS 2017 : les court-métrages internationaux [Critique]

25 septembre 2017 | PAR Simon Théodore

Pour la dixième édition du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg, huit courts métrages étaient en lice dans la compétition internationale. Des États-Unis à l’Australie en passant par la Scandinavie, les provenances étaient diverses. De l’horreur à la comédie en passant par la science fiction, la programmation s’est voulue éclectique. Retour sur cette sélection en terminant par le meilleur !

Amy, du réalisateur Gustavo L. Cooper ouvrait les séances de projection. Durant sept minutes, le spectateur suit une jeune femme dans un pensionnaire pour personnage âgée où sévit son hôte, une tueuse en série. Bravant les interdits, la protagoniste se ballade dans les sombres couloirs de la maison et, soudain, l’horreur se produit… Très inspiré par L’Exorciste, le frisson est réussi mais l’œuvre est peu originale.

Le film suédois Väg 13, autre court métrage d’une très brève durée (sept minutes), proposait de suivre une femme emmenant son chien chez le vétérinaire. Celle-ci se retrouve bloquée dans les embouteillages. Intercalé sur la voie d’à côté, un automobiliste rentre en interaction avec elle. Son angoisse nait lorsque celui-ci lui fait prendre conscience du triste épilogue de son après-midi. Les réalisateurs Paolo Iskra et Kim Sundbeck arrivent à créer de l’émotion mais les enjeux de ce court métrage sont difficiles à cerner.

Expire était la seule production française de cette sélection. Magali Magistry nous invite dans un univers post apocalyptique où une fumée toxique a recouvert la planète. Les humains ne peuvent sortir qu’en portant un masque et des bouteilles d’oxygène. Juliette a quinze ans et ressent le besoin de vivre les expériences de son âge : sortir dehors, faire la fête, vivre l’amour, etc. Sans air pur, il est bien difficile de jouir de toutes ces libertés… Ce film interroge les enjeux liés aux questions écologiques de notre temps et est doté d’une chute bouleversante.

Présenté lors de la semaine de la critique à Cannes, le film Real Gods Require Blood de Moin Hussain concourait aussi dans le cadre du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg. Alice, une jeune femme en manque de drogue, doit garder les enfants de sa voisine, qui semble nourrir un invité mystérieux venu des enfers. Avec réussite, le jeune réalisateur fait dialoguer des superstitions et des hallucinations issues d’un état de manque. Le jeu des acteurs est bon et la tension est totale. Dommage que la conclusion ne laisse pas la place au doute quant au véritable statut de l’être vivant dans le fond de la maison…

Dans Wandering Soul, l’Australien Josh Tanner s’inspire de l’opération militaire « Ghost Tape Number 10 » orchestrée par les Américains durant la guerre du Viet Nam. Un soldat vietcong est coincé dans un tunnel hanté par le fantôme d’un camarade déchu. Conséquence d’une torture psychologique ou vision de croyances locales, difficile de savoir à quoi est du cette terrifiante apparition. Ce film mêle les deux sujets dans une sorte de huis clos, fort et difficile, où il ne fait pas bon d’être claustrophobe !

Mouse met en scène un couple de drogué qui, en plein trip, font la découverte d’un objet étonnant dans une boite de conserve. Réalisé par Celine Held et Logan George, ce court métrage se veut à la fois touchant et, surtout, très drôle, tant la situation est pathétique et les délires des deux individus extravagants. Si le thème des ravages de ce genre d’addiction ont été maintes fois traités dans le septième art, la réussite du projet tient dans la paradoxale légèreté apportée par la paranoïa comique des deux individus. Peine, dégoût et rire assuré pendant onze minutes.

The Robbery est une autre histoire tragique qui finit par devenir drôle, tant les situations sont surréalistes. Après une bouffée de crack, Crystal braque une épicerie et cela ne se passe pas comme elle l’avait prévu. En plein trip, on découvre le portrait d’une jeune adulte, dont les préoccupations sont celles de toute une génération. Les dialogues rendent les situations hilarantes malgré la gravité de l’instant. Jim Cummings signe un court métrage efficace.

Déjà sélectionné au festival Sundance, le court métrage Saatanan Kanit du Finlandais Teemu Niukkanen était le plus drôle de cette programmation. Au menu : du black metal, du sexe et du jus de carottes pendant près de vingt minutes ! Raimo et sa femme mènent une vie paisible dans leur logement social de la banlieue d’Helsinki. Cette tranquillité est perturbée par l’installation de Maki, leur nouveau voisin. Amateur de la musique du diable, il s’avère être le meneur d’une secte sexuelle satanique où le bouc a été remplacé par un lapin. Malgré les apparences, cet individu s’avère être fort sympathique. Derrière un humour trash et satirique, ce court métrage traite des préjugés et des stéréotypes que l’on tient à propos de ceux que l’on ne connaît pas. Le message est intelligent et est porté par des rires incessants.

Visuel : (c) Affiche du festival.

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Simon Théodore

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