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Dossier écologie et cinéma d’animation : quand les films pour enfants défendent le développement durable

Dossier écologie et cinéma d’animation : quand les films pour enfants défendent le développement durable

27 novembre 2015 | PAR Gilles Herail

A l’occasion de la Cop21,  Toutelaculture vous propose un dossier sur l’ambition verte du cinéma d’animation contemporain. Retour sur ces films pour enfants, de Wall-E à Princesse Mononoké, qui vulgarisent les questions d’écologie et de développement durable, en participant à à la conscientisation des générations futures. 

L’écologie, nouveau passage obligé du cinéma d’animation 

Le rapport entre l’homme et la nature a toujours été au cœur des grands classiques Disney, de Bambi au Roi Lion en passant par Pocahontas. La tendance s’est cependant accentuée ces dernières années avec une prise de conscience très forte au sein de la production animée contemporaine. Le discours « vert » est progressivement devenu un passage obligé, un élément politiquement correct rassembleur qui doit s’intégrer en arrière plan. Sans aller plus loin qu’un simple effet d’affichage dans de nombreux cas : Arthur et les Minimoys, Epic, Lucas, fourmi malgré lui, etc. (la liste est longue). Les éco-systèmes y sont un paysage exotique parmi tant d’autres. Et la protection de l’environnement, un canevas de comédie d’aventures. D’autres films osent en revanche un discours plus subversif, ciblant des thématiques bien définies et défendant un agenda malgré leur ambition de divertissement.

Conscientiser les générations futures

Les campagnes de sensibilisation le savent bien : il est plus qu’utile de convaincre les enfants, qui sauront se charger de convaincre eux mêmes leurs parents. Les jeunes générations des 90s ont engueulé papa et maman pour qu’ils portent enfin leur ceinture de sécurité. Les ados des années 2010 harcèlent eux leurs aînés pour qu’ils adoptent le tri sélectif. L’apprentissage des comportements responsables est régulièrement encouragé par le 7ème art, agissant dans une logique d’éducation populaire. Avec un objectif de sensibilisation aux questions écologiques très présent dans les productions animées.

La question de la déforestation a inspiré Le Lorax, large succès au box-office américain adapté d’une série de romans très populaires au sous-texte très clair sur la protection des arbres. Les studios Folimage se sont penchés sur une thématique similaire dans leur conte poétique Mia et le Migou, reprenant l’esprit du maître du genre, Miyazaki. Qui sait parler mieux que quiconque de l’importance des forêts dans l’équilibre de la nature (Pompoko, Princesse Mononoke).

La préservation des océans est un autre sujet de prédilection des films familiaux écolos récents. La coproduction européenne Le voyage extraordinaire de Samy s’insurgeait ouvertement contre la pollution des mers et ses conséquences sur la biodiversité aquatique. Quand Happy Feet 1 et 2 complétaient ce discours en évoquant également les dangers de la pêche intensive.

La pollution causée par l’activité humaine a trouvé sa représentation la plus puissante dans le Nausicaa de Miyazaki, qui illustrait symboliquement cette épée de Damoclès grandissante détruisant tout sur son passage. Les Simpson le film s’en alarmaient tout autant en s’amusant cependant à imaginer sa contrepartie : un totalitarisme vert représenté par le dôme de verre géant séparant Springfield de ses voisins.

Le réchauffement climatique, toujours contesté par les conservateurs les plus obtus aux États-Unis, a aussi été dénoncé par le cinéma d’animation. Avec des blockbusters comme L’âge de glace et Happy Feet qui ont pris le risque d’énerver les climato-sceptiques criant à la propagande gauchiste. Mais aussi des films européens indépendants au discours environnemental encore plus affirmé, comme  Animaux et cie.

Assumer un discours alternatif et militant

Tous ces films participent, à leur échelle à un même objectif de sensibilisation des générations futures. Un éveil aux questions de développement soutenable qui portera on l’espère ses fruits dans les années qui viennent. Mais d’autres œuvres ont été encore plus loin qu’une simple invitation au respect de la nature. En s’autorisant une critique cinglante du système économique et en s’inscrivant dans la lignée de modèles alternatifs. Tempête de boulettes géantes (Cloudy with a chance of Meatballs) s’est attaqué à la malbouffe et à l’industrie agro-alimentaire. La comédie était certes bon enfant mais la satire se faisait cinglante, prenant le risque de froisser son public cible.

Pixar s’est aussi offert le luxe de proposer un pamphlet radical, voire franchement anticapitaliste. Derrière ses allures de comédie romantique spatiale, le scénario de Wall-E cachait en effet des éléments hautement subversifs, rejoignant l’école de la science-fiction dystopique. Décrivant un monde ravagé par la pollution, une Terre inhabitable, et des survivants humains obèses, ayant perdu toute autonomie et incapable de la moindre interaction sociale. Cette vision très noire de nos sociétés trouvait pourtant sa place dans un dessin-animé s’adressant aux enfants.  Un pied de nez militant remettant ouvertement en cause le modèle américain, confirmant la propension toujours plus militante d’un cinéma d’animation qui a décidément lancé la bataille du vert.

Gilles Hérail

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