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[Critique] »Saint Amour » Quand la route des vins se fait carte du Tendre (et du territoire)

[Critique] »Saint Amour » Quand la route des vins se fait carte du Tendre (et du territoire)

02 mars 2016 | PAR Olivia Leboyer

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Mammuth et le Grand Soir (voir notre critique ) étaient des grands films punks et fous, comme des déflagrations. Plus discret, plus doux, ce Saint Amour se boit dans le calme et la concentration. Parions qu’il reste longtemps en bouche.

[rating=3]

Saint Amour sort pendant le Salon de l’agriculture : il y est, également, question de malaise, de difficultés à vivre dans la société d’aujourd’hui. Un éleveur concourant pour le plus beau taureau (inénarrable Gérard Depardieu) décide, sur un coup de tête, d’entraîner son fils, grand dadais maladroit, sur la route des vins de Bourgogne.

Foin des économies, le père paie royalement un jeune taxi (Vincent Lacoste, comme toujours excellent) pour aller de gîte en gîte, à la dérive. Les rencontres se succèdent dans un joli désordre, la scène avec Michel Houellebecq constituant le moment le plus hallucinant. Mais il y a aussi des femmes, rencontres ratées pour le plupart, et parfois décisives (Céline Sallette, érotique en diable).

Ce qui frappe, dans Saint Amour, c’est la tendresse dégagée par Gérard Depardieu. Enveloppant, doux, il irradie comme un Saint, très peu aviné cette fois, puisqu’il a cessé de boire depuis la mort de sa femme (à qui il téléphone régulièrement car, pour lui, elle reste « toujours joignable » !).

Affiche de Floch’, musique de Sébastien Tellier, la bouteille est présentée avec élégance, et le bouquet séduit naturellement. Au fil de ces petites mésaventures, un lien tendre se tisse.

Saint Amour, de Benoît Delépine et Gustave Kervern, France, 2h07, avec Benoît Poolevorde, Gérard Depardieu, Vincent Lacoste, Céline Sallette, Solène Rigot, Andréa Férréol, Michel Houellebecq. Sortie le 2 mars 2016.

visuels: affiche, photo et bande annonce officielles du film.

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Olivia Leboyer
Docteure en sciences-politiques, titulaire d’un DEA de littérature à la Sorbonne  et enseignante à sciences-po Paris, Olivia écrit principalement sur le cinéma et sur la gastronomie. Elle est l'auteure de "Élite et libéralisme", paru en 2012 chez CNRS éditions.

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