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[Critique] « La Fête Sauvage » : les animaux filmés en toute liberté par Frédéric Rossif

[Critique] « La Fête Sauvage » : les animaux filmés en toute liberté par Frédéric Rossif

21 avril 2014 | PAR Olivia Leboyer

Nouvelle affiche LA FETE SAUVAGE

Fascinants, mystérieux, les animaux sauvages passent sur l’écran comme un vieux rêve. Ce sont leurs traces, leur mouvement, que le documentariste Frédéric Rossif a captés ici. Ce beau film de 1976, sort en copie restaurée le 18 juin : ne le manquez pas !

[rating=4]

Cette Fête Sauvage dégage une impression de fluidité, de liberté. Le titre souligne le lien étroit entre la joie et la cruauté d’une vie sauvage, au rythme de la nature. Superbes, les animaux se livrent à leurs occupations essentielles, la chasse et l’amour. La caméra glisse naturellement d’un animal à l’autre, suivant leur course, leurs ébats, leurs ablutions… Entre le vol d’un ibis rouge flamboyant, le déhanché d’un guépard, le zigzag amusant d’un surricate, nous assistons aux plages de repos, à l’heure où les grands fauves vont boire.

Frédéric Rossif se fait le témoin des amours du tigre voluptueux, du festin du lion carnassier, du sprint échevelé du paresseux. Discret, respectueux, il pose sur les animaux un regard pur, émerveillé. Le texte de Madeleine Chapsal est assez sobre, même s’il insiste parfois un peu trop sur ce que les hommes ont à apprendre des animaux. A bien des égards, leur étrangeté nous est familière. Sur de telles images, les mots sont peut-être superflus. Signée Vangelis, la musique possède une belle ampleur. Lorsque le doux motif musical se superpose aux cruelles scènes de chasse, le contraste est saisissant. A d’autres moments, ni phrases ni musique, juste les cris des animaux, harmonieux ou discordants, pleins de vie.

L’homme peut-il jamais connaître les animaux, ou seulement les rêver ? Dans Le Livre des êtres imaginaires (1967), recueil consacré aux animaux rêvés, Jorge Luis Borges écrit « On emmène un enfant pour la première fois au jardin zoologique. Cet enfant pourrait être n’importe lequel d’entre nous, ou inversement, nous avons été cet enfant et nous ne nous en souvenons pas. »

Grâce à Frédéric Rossif, le souvenir des premières découvertes redevient vivace.

La Fête sauvage, de Frédéric Rossif, France (1976), 1h30, texte de Madeleine Chapsal, musique de Vangelis, copie restaurée, en salles le 18 juin 2014.

Visuels : (c) affiche officielle du film (2014).

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Olivia Leboyer
Docteure en sciences-politiques, titulaire d’un DEA de littérature à la Sorbonne  et enseignante à sciences-po Paris, Olivia écrit principalement sur le cinéma et sur la gastronomie. Elle est l'auteure de "Élite et libéralisme", paru en 2012 chez CNRS éditions.

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