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[Critique] « Welcome to New York » ou la vacuité d’un soft porn chic et choc

[Critique] « Welcome to New York » ou la vacuité d’un soft porn chic et choc

26 mai 2014 | PAR Hugo Saadi

Abel Ferrara, le réalisateur de Bad Lieutenant ou de Snake Eyes est tombé bien bas avec sa reprise du fait divers tant décrié. Surfant sur le buzz créé pour l’occasion, Welcome to New York a suscité la curiosité à sa sortie mais se révèle finalement complètement dispensable.

 [rating=1]

Nul besoin de pondre un synopsis du film tant l’affaire de celui dont on ne doit pas prononcer le nom, j’ai nommé DSK a été relayé par les médias créant alors un feuilleton télé où le citoyen pouvait suivre chaque mouvement grâce aux caméras de télévisions pointées jour et nuit devant le Sofitel, la résidence surveillée et les agissements d’Anne Sinclair. On aurait largement pu s’en tenir à cet événement médiatique.

Viagra, champagne, sexe … Welcome to New York peut se résumer dans sa première partie à ces trois mots. Dix minutes passent et Gérard Depardieu a déjà fait un plan à trois et reçu une fellation. Où Abel Ferrara veut nous emmener, on se le demande bien devant tant de vulgarité, où le sexe est omniprésent et présenté de façon crue bien loin d’un Kechiche (La Vie d’Adèle), d’un Lars Von Trier (Nymphomaniac) ou encore d’un McQueen (Shame). Rien ne vient justifier son propos, si propos il existe, il se concentre de nous montrer du cul, du cul et encore du cul. Avec en prime les grognements de la bête Depardieu / Obélix qui n’arrangent pas la vision de ces scènes dérangeantes. On comprend peut-être mieux le choix de la sortie en VOD qui nous permet alors d’être seul dans notre salon et non en compagnie d’inconnus …

Arrive enfin la fameuse scène du Sofitel puis celle de l’interview avec Tristane Banon, c’est grotesque, brut de décoffrage et sans aucune grâce (certes le sujet ne s’y prête pas vraiment). De la même manière que les discours écrits pour le personnage de Gérard Depardieu qui vont d’un « J’aime baiser tu le sais. Et vous la baise ça va ? Vous niquez souvent ? » à sa fille en passant par « C’est ma maladie, j’aime baiser, et je me suis fait baiser. J’aimerais embrasser le cul de Dieu à ma mort » à sa femme. L’histoire avance à coups de gros sabots, l’enquête policière que l’on connait par coeur, le passage à la prison puis enfin l’arrivée dans sa résidence surveillée.

Le recul face  aux faits présentés est difficile à prendre par moments, mais on a parfois du mal à imaginer de tels actes de la part de « l’ex futur président de la France ». Ferrara use de quelques images d’archives, cherche à rentrer dans la tête du personnage mais n’y arrive jamais. On n’apprend rien de plus que les images des télévisions. En somme un one-man show de deux heures de Gérard Depardieu, les trois quarts du temps le peignoir ouvert, qui se lèche les babines comme une bête assoiffée de sexe. Pitoyable.

Welcome to New York, un film d’Abel Ferrara, avec Gérard Depardieu, Jacqueline Bisset, Drena De Niro. Drame américain. 2h00. Sortie en VOD le 17 mai.

Visuels © Wild Side.

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Hugo Saadi

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