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[Critique] « Week-ends » : malgré une Karin Viard étonnante, du doux-amer qui ne trouve jamais vraiment son ton

[Critique] « Week-ends » : malgré une Karin Viard étonnante, du doux-amer qui ne trouve jamais vraiment son ton

26 février 2014 | PAR Gilles Herail

Week-ends avec Karin Viard, Noémie Lovsky et Jacques Gamblin a un très beau casting. Et une réalisatrice, Anne Villacèque qui trouve parfois une fantaisie et un ton comico-tragique singulier. Sans pouvoir tenir son heure et demie et en devenant malgré elle un exemple de la comédie dramatique à la française qu’elle semblait vouloir éviter.

[rating=2]

Synopsis officiel: Un rien suffit parfois à gâcher un week-end à la campagne. Un simple malentendu sur un parking de supermarché, un mauvais réflexe, et voilà que tout se détraque. Rien ne va plus pour Christine. Jean la quitte. Ses amis de toujours, Sylvette et Ulrich, sont un peu moins ses amis. Tout fout le camp. Mais la vie est toujours pleine de surprises. Amours et désamours dans la vie de deux couples, le temps des week-ends.

Un brin caché à la presse et sorti en catimini aujourd’hui dans 100 petites salles et face à la déferlante Supercondriaque, Week-Ends a clairement été envoyé au casse-pipe malgré son casting intéressant. Loin d’être raté ce long métrage multiplie les bons signaux mais n’arrive pas à tenir son scénario et ses idées sur la durée. Tout commence pourtant bien avec un vrai mystère et une patte comico-réaliste accrocheuse. Une scène avec Karin Viard dont la bataille pour une place de parking avec une inconnue dégénère. Et la questionne. Le lendemain son mari est parti. Il ne l’a pas quittée officiellement avec éclats de voix. Il ne donne pas de raisons. Mais doit « aller ailleurs » sans plus de précisions. S’en suit alors une évolution loufoque et tragique du personnage de Karin Viard et son évolution vers une quasi bipolarité dépressive. Face à elle le couple Ulrich Tulkur et Noémie Lvovsky est imparfait mais solide, tendre, terrien et paisible. Cette opposition marche bien au début du film.

Mais les personnages secondaires se multiplient, pour de jolies scènes à la clef mais en perdant le fil narratif. On ne croit jamais au personnage de Jacques Gamblin, à ses décisions et ses états d’âme existentiels. La voix off trop explicative et la musique à côté de la plaque nous empêchent de réellement adhérer à un film qui ne semble pas vraiment savoir où il va et se termine d’ailleurs très abruptement. Servi par de bonnes performances d’acteur et une Karin Viard aussi hilarante que troublante (incroyable scènes où elle parle à un bol, pleure chez les amis, dévoile nonchalamment un sein telle Sophie Marceau une fois le bonheur retrouvé), Week-Ends manque simplement d’un scénario solide. On continuera à s’intéresser à la carrière de sa réalisatrice car elle possède un ton de comédie dans l’absurde à froid, la gêne et le malaise et un vrai sens des situations qui sert le propos. Mais en mélangeant trop de choses et en parlant du divorce, de l’amour, de la crise de la cinquantaine et des thématiques habituelles du cinéma français, Villacèque devient finalement un peu malgré lui un autre exemple de comédie dramatique, douce-amère, comme il en sort une par semaine en France.

Gilles Hérail

Une comédie dramatique d’Anne Villacèque avec Karin Viard, Noémie Lvovsky, Ulrich Tukur et Jacques Gamblin, durée 1H30, sortie le 26 février 2014

Visuels et bande-annonce officiels du film.
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Gilles Herail

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