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[Critique] « Un peu, beaucoup, aveuglément » : Clovis Cornillac signe une comédie romantique originale et séduisante

[Critique] « Un peu, beaucoup, aveuglément » : Clovis Cornillac signe une comédie romantique originale et séduisante

09 mai 2015 | PAR Gilles Herail

Clovis Cornillac surprend en s’attaquant au genre de la comédie romantique pour sa première réalisation. L’acteur caméléon embauche la pétillante Mélanie Bernier sur un script ultra malin qui apporte de l’originalité et de la fraîcheur au genre. Une très jolie surprise.

[rating=3]

Synopsis officiel: Lui est inventeur de casse-têtes. Investi corps et âme dans son travail, il ne peut se concentrer que dans le silence. Elle est une pianiste accomplie et ne peut vivre sans musique. Elle doit préparer un concours qui pourrait changer sa vie. Ils vont devoir cohabiter sans se voir…

Clovis Cornillac peut tout jouer et l’a prouvé en constituant en seulement quelques années une impressionnante filmographie passant de la comédie au thriller, du drame à l’horreur, du front populaire à la science-fiction futuriste. En alignant des nanars et des chefs d’oeuvre avec la même gourmandise. Le passage à la réalisation de ce passionné n’était pas en soi une surprise mais le choix d’une comédie romantique nous avait intrigué. Difficile d’imprimer sa patte, sa marque, dans un genre souvent impersonnel, sauf à trouver la bonne idée de départ, qui rebat les cartes. Toute première fois avait eu cette bonne intuition du coming-in hétérosexuel, tout en échouant à maintenir la même fraîcheur sur toute la durée du film. Clovis Cornillac fait ici une proposition encore plus enthousiasmante. Une romance aveugle, où l’on se parle sans se voir, où l’on s’aime à travers un mur. Belle idée romantique, et excellent postulat de cinéma. Le dispositif est simple et la mise en scène assez solide pour animer un scénario inventif. Les étapes sont attendues mais le déroulé regorge de surprises.

Quand la nouvelle arrivée découvre que le voisin tente de l’effrayer afin de garder sa tranquillité, la guerre est déclarée et les stratagèmes mesquins à la Tanguy ou Papa ou maman s’enchaînent. L’humour de scénettes fonctionne à merveille car le script, très travaillé, cherche en permanence l’idée originale, improbable, saugrenue. Bien sur, les deux vont apprendre à se découvrir, s’aimer puis se quitter puis se ré-aimer. Mais le mur qui les sépare va donner une saveur nouvelle à des scènes que l’on pensait avoir déjà vues et revues. Le traditionnel dîner de présentation donne ici lieu à une des meilleures séquences du film où les deux meilleurs amis se surprennent à entrer dans l’étrange jeu amoureux des deux tourtereaux.  Il fallait beaucoup de doigté pour créer de la complicité entre les deux personnages qui ne se rencontreront jamais physiquement pendant 1H30. Et Clovis Cornillac réussit son pari car le spectateur oublie progressivement l’absurdité de la situation pour se laisser entraîner dans cette charmante romance, invitant d’excellents seconds rôles. La comédie romantique est un genre qui n’aspire pas au chef d’oeuvre et on pourra trouver quelques faiblesses de rythme ici et là. Mais Un peu beaucoup aveuglément est clairement une des meilleures surprises du style depuis plusieurs mois.

Gilles Hérail

Un peu, beaucoup, aveuglément, un film de Clovis Cornillac avec Mélanie Bernier, durée 1H30, sortie le 6 mai 2015

Bande-annonce et visuels officiels
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