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[Critique] « The Riot Club » : plongée élégante mais un peu fade dans l’enfer des cercles estudiantins britanniques

[Critique] « The Riot Club » : plongée élégante mais un peu fade dans l’enfer des cercles estudiantins britanniques

29 décembre 2014 | PAR Yaël Hirsch

Lone Scherfig, la réalisatrice du très subtil An education est de retour avec The Riot club. Un film où elle retrouve son thème de prédilection : le subtil moment du passage à l’âge adulte et ses pièges. Fresque grinçante sur les fraternités des universités d’élite britanniques, le film monte en puissance avec efficacité et emporte l’admiration, par delà son message un peu manichéen.[rating=4]

A Oxford, l’un des secrets les mieux gardés est celui du Riot Club, réservé depuis des lustres  à l’élite de la nation – et surtout à ses enfants pourris gâtés. Club très fermés d’étudiants puissants, audacieux et jouisseurs, le club reproduit à la fois les élites et leur confiance e elle-même en soumettant à toute sortes d’épreuves, comprenant souvent l’apprentissage du mépris de ceux qui n’en sont pas. Lorsque les deux premières années Miles (Jeremy irons)et Alistair (Sam Claflin) sont approchés par le « Riot Club » ils se trouvent bien flattés et sont prêts à bien des concessions pour avoir l’honneur d’en faire partie jusqu’à quel point?

Porté par dix jeune gens bien agréables à regarder (dont le fils de Jeremy Irons, Max Irons, à suivre!), et faisant savamment monter la pression, The Riot Club avance vers une inexorable  catastrophe qui en dit long sur la manière dont la Grande-Bretagne est restée scindée en classes strictes et encore en lutte. Les jeunes esprits encore malléables sont les meilleures proie de cet enseignement du mépris que professent encore à mi-voix les élites en place. Un bémol cependant, malgré sa sensuelle caméra qu’elle dirige à la fois comme un outil de plaisir et comme un scalpel, Lone Scherfig manque peut-être d’un peu de nuances e de relief pour vraiment nous (en tout cas un public français) impliquer dans la grande catastrophe du bizutage prétentieux et sur de soi. A un moment, ces histoires de gosses de riches bien fringués font perdre pied à l’émotion et on a juste envie de leur donner une bonne fessée sans vraiment croire à l’horreur dans laquelle le film bascule. Ca se passe peut-être exactement comme cela, mais à force d’images saturées et  vieillies, l’effet de réel nous manque pour entrer pleinement dans les affres psychologiques et sociales du film.

The Riot Club, de Lone Scherfig avec Jeremy irons, Sam Claflin, Holliday Grainger, Douglas Booth, essica Brown Findlay, Ben Schnetzer, Sam Reid, Freddie Fox, UK, 2014, 106 min.
Visuel : photos officielles du film.

 

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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