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Ron Goossens, Low Budget Stuntman : une comédie fortement alcoolisée [critique]

Ron Goossens, Low Budget Stuntman : une comédie fortement alcoolisée [critique]

20 septembre 2017 | PAR Simon Théodore

Après New Kids Nitro (2011) et Bro’s Before Ho’s (2013), le duo de réalisateurs hollandais Steffen Haars et Flip Van Der Kuil reviennent avec leur nouvelle comédie Ron Goossens, Low Budget Stuntman. Présenté dans le cadre du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg, ce nouveau long métrage s’avère être une comédie trash, drôle et fortement alcoolisée.

[rating=4]

Ron Goossens passe son temps à boire dans un pub de sa petite ville des Pays-Bas. Cascadeur ringard de profession, cet anti-héro par excellence est devenu célèbre, un soir de beuverie, grâce à une scène ratée tournée avec un smartphone et ayant circulée de manière virale sur les réseaux sociaux. Affichant une moustache blonde et le ventre témoignant sa passion pour la bière, cet individu maladroit et apathique se voit aussi être trompé par sa femme, volage et incapable de s’empêcher de coucher avec les partenaires de comptoir de son mari. Devenu star du jour au lendemain et idole d’une génération grâce son expression « j’ai trop la tête dans le cul », Ronnie devra réussir à coucher avec l’actrice Bo Maerten pour sauver son couple…

Low Budget Stuntman, c’est d’abord l’histoire d’un homme seul, perdu dans le fond de sa chope, reproduisant la trajectoire de vie de son père alcoolique. Derrière ce thème grave, le portrait d’un individu maladroit et hors de son temps se dévoile. Certains traits rappellent alors le célèbre Big Lebowski des frères Coen. La première moitié du film est ponctuée de gags hilarants, notamment car la réussite (ou l’échec) des cascades dépend du degré d’alcoolémie de Ron Goossens, incarné par un Tim Haars déjà présent dans les films de ces réalisateurs hollandais. Entrecoupées par séquences musicales interprétées par le chanteur allemand de variété Dennie Christian et rythmée par une bande originale évoquant certains westerns, ce récit prend différentes formes allant du comique au tragique. Ce quarantenaire imbibé ne sert d’abord que de clown mais l’empathie envers lui et l’envie qu’il surmonte ses démons et ses maladresses finit par gagner durant sa quête de séduction de la jolie Bo. Strictement encadrée par son agent et d’une sobriété (presque) sans écart, la comédienne incarne son antithèse et Ronnie aura bien du mal à parvenir à son objectif.

En parallèle de ce récit de vie pathétique, Steffen Haars et Flip van der Kuil multiplient les références au cinéma hollandais. En effet, certains acteurs et réalisateurs incarnent leur propre rôle (Bo Maerten, Waldemar Torenstra) et l’action se déroule régulièrement sur des lieux de tournages. Le spectateur découvre alors une vision de l’intérieur du monde du septième art et du showbiz. Cela rappelle ainsi certaines séries populaires comme Entourage. Si ce film est plaisant, sa durée (moins d’une heure et demie) empêche néanmoins d’approfondir cet aspect et quelques trames intéressantes. En effet, l’impact des réseaux sociaux sur la vie d’une personne lambda n’est qu’effleurée au début et la conclusion de cette comédie manque de finesse et de finition…

En somme, Ron Goossens, Low Budget Stuntman est un excellent divertissement et, malgré ses allures de « Jackass », n’est pas dénuée de profondeur.

Ron Goossens, Low Budget Stuntman. Comédie de Steffen Haars et Flip Van Der Kull. Avec Tim Haars, Bo Maerten et Michiel Reomeyn. Durée : 1h23.

Visuel : (c) Affiche officielle du film.

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Simon Théodore

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