Fictions

Hérésies glorieuses de Lisa McInerney : This is Ireland

Hérésies glorieuses de Lisa McInerney : This is Ireland

20 septembre 2017 | PAR Marine Stisi

Les Editions Joëlle Losfeld publient en cette rentrée littéraire Hérésies glorieuses, le premier roman de Lisa McInerney, auteure irlandaise populaire notamment pour son blog « Arse End of Ireland ».

 

Roman à succès

Quelque part entre un excellent Ken Loach et la série britannique Skins, plongez dans le monde dépeint par Lisa McInerney dans son premier roman, Hérésie glorieuses. L’auteure, irlandaise, s’est fait connaître grâce un blog désormais inactif, « Arse End of Ireland », dans lequel elle commentait avec humour et ironie la vie souvent semée d’embûches de la classe ouvrière irlandaise.

Après la parution de quelques nouvelles, elle a publié en avril 2015 aux éditions anglaises John Murray son premier roman, un livre d’une vérité jubilatoire, désormais disponible en français. Accessoirement, le livre a été récompensé par le Baileys Women’s Prize et le Desmond Elliott Prize en 2016 et déclaré «livre de l’année» en 2015 par The Irish Times, le Sunday Independent et le Sunday Business Post.

This is Ireland

Le récit, dense, décrit les vies, entre misères et gloires, d’une poignée d’habitants de Cork, ville au sud de l’Irlande. Tony Cursack, père paumé et alcoolique, partage une maison en bordel avec ses six enfants, dont Ryan, son aîné. Ryan, « un peu plus grand et sans bedaine (que son père), entre autres améliorations qu’il devait à sa mère ; un beau mec (…), pas le petit con de base », est l’archétype du gamin pas con et même plutôt intelligent, -mal- influencé par son environnement, par l’envie de s’en sortir. A son bras, sa petite amie, Karine, est plutôt bourgeoise et dénote avec le quotidien de ce gamin à la belle gueule mais aux mauvaise habitudes. A qui la faute ?

Autour d’eux grouille une faune de personnages tous aussi charismatiques les uns que les autres : Georgie, une prostituée embrigadée dans une secte chrétienne ou Maureen, mère grande-gueule du caïd de la ville, Jimmy Phelan.

Le récit court à une vitesse folle, les réparties cinglantes se succèdent les unes aux autres avec un naturel déconcertant. Le lecteur ne peut rien faire d’autre que se laisser entrainer, impuissant, par ce livre brillant, profondément drôle et moderne autant que sincèrement triste. Qu’il devienne un film, d’ailleurs, n’aurait rien d’étonnant, tant la plume est franche, réelle. Une vraie et grande réussite dont on se défait avec un certain pincement au cœur.

Lisa McInerney, Hérésies glorieuses, Editions Joëlle Losfeld, 23,50€, 464 pages.

Date de parution : 24 aout 2017

Visuel : © DR

Traduction : Catherine Richard-Mas

Le Déplacement fragile et figuratif de Mithkal Alzghair
Ron Goossens, Low Budget Stuntman : une comédie fortement alcoolisée [critique]
Marine Stisi
30% théâtre, 30% bouquins, 30% girl power et 10% petits chatons mignons qui tombent d'une table sans jamais se faire mal. Je n'aime pas faire la cuisine, mais j'aime bien manger.

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *