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[Critique] « Pan » Film d’aventure plus tape-à-l’œil que merveilleux avec Hugh Jackman

[Critique] « Pan » Film d’aventure plus tape-à-l’œil que merveilleux avec Hugh Jackman

24 octobre 2015 | PAR Gilles Herail

Pan fait partie des bides les plus sévères d’un gros budget au box-office américain depuis le début des années 2000. Joe Wright n’est pas avare en effets spectaculaires et fait preuve d’un véritable appétit de mise en scène mais son film souffre d’une absence totale d’émotions, d’interprétations frôlant la parodie et d’une incapacité à tenir un fil rouge artistique. Un film d’aventures qui part dans tous les sens et laisse le spectateur à quai.

[rating=1,5]

Extrait du synopsis officiel: Proposant un nouveau regard sur l’origine des personnages légendaires créés par J.M. Barrie, le film s’attache à l’histoire d’un orphelin enlevé au Pays Imaginaire. Là-bas, il vivra une aventure palpitante et bravera maints dangers, tout en découvrant son destin : devenir le héros connu dans le monde entier sous le nom de Peter Pan.

Joe Wright est un faiseur plutôt respecté à Hollywood,  découvert avec un mélo victorien (Pride and Prejudice) et un drame romantique (Reviens-Moi). Une filmographie qui révèle quelques qualités mais dont on cherche un peu la cohérence. Une absence de ligne directrice qui s’illustre également dans cette grosse production Warner Bros se proposant de raconter les origines de Peter Pan. Le film débute comme Oliver Twist, emprunte à Mad Max, cherche la décontraction de Pirates des Caraïbes, tente de reproduire l’émerveillement visuel d’Avatar et ne serait pas contre l’esprit d’aventures d’Indiana JonesLaissant une impression d’improvisation et d’absence de personnalité que l’on décelait déjà dans le récent Labyrinthe 2. Il faut reconnaître à Pan une volonté d’offrir beaucoup, d’en mettre plein la vue, de sauter frénétiquement de décor en ambiance et en rebondissement. Le foisonnement visuel séduit globalement, malgré quelques ratés au niveau d’effets spéciaux parfois inégaux.

On reste en revanche beaucoup plus mitigé devant la gestion du récit et de l’émotion. L’aspect très tape-à-l’œil de la réalisation se retrouve dans l’écriture lourdingue des gags, la musique faussement magique et surtout dans l’interprétation outrée de l’ensemble du casting. Joe Wright semble vouloir nous émouvoir avec une histoire d’orphelin à la recherche de sa mère et de grande bataille entre pirates et indigènes. Mais dirige ses acteurs comme dans une comédie pour tout-petits, emmenant le film vers la caricature, voire le ridicule. L’acteur principal ne brille pas par sa justesse, Hugh Jackman cabotine sans conviction et Garrett Hedlund surjoue chaque ligne de dialogue comme dans un mauvais doublage. L’hésitation entre épique et comique nuit à un film outrancier échouant à la fois à faire rire et à émouvoir. On sauvera l’étonnante scène de transe collective où des milliers de mineurs chantent d’une seule voix une chanson de Nirvana pour célébrer leur leader. Le reste sera vite oublié.

Gilles Hérail

Pan, un film d’aventures américain de Joe Wright avec Hugh Jackman et Garrett Hedlund, durée 1h51, sortie en salles le 21 octobre 2015

Visuels : © photos officielles et affiches officielles des films


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