Cinema

[Critique] Le sixième « Paranormal Activity » : un état des lieux du found-footage moyen

[Critique] Le sixième « Paranormal Activity » : un état des lieux du found-footage moyen

24 octobre 2015 | PAR Geoffrey Nabavian

Cette Ghost Dimension recèle quelques moments plaisants, mais aussi pas mal de défauts. Et la présenter comme une conclusion paraît abusif…

[rating=2]

Paranormal Activity, le retour ! Six ans après la sortie en France du premier opus, la saga compte désormais… six titres. Dans lesquels se côtoient effets horrifiques bien pensés, car suggérés, et scénarios remplis de trous énervants. On avait pu trouver les premiers et cinquième volets – The marked ones – réussis. Ce sixième film, globalement, n’est pas à leur hauteur.

Que nous apporte-t-il ? On en découvre davantage sur l’initiation au mal de Kristi et Katie. On y rencontre aussi des nouveautés, comme la matérialisation de Toby, le démon furieux, qui les a poursuivis dans les opus précédents. Le principe est toujours le même : une famille – extérieure aux précédents films – plante plusieurs caméras dans sa maison pour observer des phénomènes terrifiants qui, peu à peu, prennent possession de leur petite fille. Sauf que dans cet épisode, la menace se matérialise, donnant à l’ensemble des allures de film d’horreur pur, plutôt que de film d’angoisse.

Et à ce titre, ce sixième volet compte son lot de stupidité : d’emblée, les parents voient Toby grâce aux caméras, mais ne sont pas pris de panique ; l’oncle Mike (Dan Gill) reste un personnage idiot, juste idiot ; le principe des cassettes trouvées dans un carton, et montrant l’enfance de Kristi et Katie, reste bancal… On en oublie sûrement. Et surtout, l’épisode introduit une caméra aux vertus très spéciales. Un outil surgi de nulle part, qu’on n’est pas très heureux de connaître, car il remet en cause un principe fondateur de la saga… Même s’il permet deux-trois effets sympathiques – surtout au début – obtenus par les 3D.

Les films de found-footage – ou caméra subjective – actuel ont un défaut : trop d’esprits et de démons. Ils envahissent tout, jusqu’à métamorphoser l’angoisse subtile en défilé d’effets spéciaux pseudos impressionnants. On ne leur échappe plus, quel que soit le genre abordé. Ici, malgré une bonne scène de « destruction d’esprit mauvais » à la fin, bien décrite et bien tenue, on reste déçus. Car tout est bien trop visible. Et du même coup, trop attendu. On peut s’attendre, quant à nous, à un Paranormal Activity 7, car le scénario de Ghost Dimension ne recèle, en fin de compte, aucun véritable élément de conclusion…

Paranormal Activity : Ghost Dimension, un film réalisé par Gregory Plotkin. Avec Chris J. Murray, Dan Gill, Brittany Shaw, Olivia Taylor Dudley, Michael Krawic, et Ivy George et Jessica Tyler Brown. Film d’horreur américain. Durée : 1h30.

Visuel : © Paramount Pictures France

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale.Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub.Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival.CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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