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[Critique] « Non Stop » Du grand, du pur, du caviar, de l’extase de film du dimanche soir featuring son maître absolu Liam Neeson

[Critique] « Non Stop » Du grand, du pur, du caviar, de l’extase de film du dimanche soir featuring son maître absolu Liam Neeson

08 mars 2014 | PAR Gilles Herail

Non Stop a reçu des critiques inhabituellement positives pour ce genre de production. Difficile en effet de faire la fine bouche devant un film de pur divertissement qui réussit à être drôle, maintenir son suspense et pourquoi pas même nous faire verser une petite larme quand Neeson le badass nous parle de son alcoolisme entre deux coups de poing. Du bonheur, que dis-je, de l’extase.

[rating=4]

Synopsis officiel: Alors qu’il est en plein vol, un agent de la police de l’air reçoit des SMS d’un inconnu qui dit être à bord et vouloir assassiner un passager toutes les 20 minutes s’il ne reçoit pas 150 millions de dollars. Non Stop mélange donc deux genres que l’on n’a pas l’habitude de voir associés. D’un côté, le film en appelle à une tradition d’Agatha Christie et de romans de détective. Des personnages tous suspects. Des indices et des fausses pistes mises en place pour surprendre le spectateur et arriver vers l’explication finale qui doit contenter tout le monde. De l’autre, la série B à la Taken où un homme « normal » devient héros malgré lui pour sauver des innocents, en massacrant à tout va. Non Stop y ajoute une troisième tradition, celle du film de conspiration et de complot. Car la bonne idée du film est ce plan machiavélique qui voit Liam Neeson devenir suspect à son tour et présenté comme un terroriste par les télévisions du monde entier. Le dernier film à se passer uniquement dans un avion, Low Cost, était français et plutôt excellent pour les amateurs de l’humour absurde des Robins de Bois et plus précisément de Maurice Barthélemy.

Non Stop n’a rien à voir mais a la même malice quant à l’utilisation de la claustrophobie naturelle de l’espace clos qui devient un terrain de jeu autant pour les scènes d’action que pour le portrait de personnages devenant chacun à leur tour troubles ou inquiétants, jouant aussi avec les stéréotypes et nos peurs. Non Stop est bien entendu un pur film de divertissement, qui innove parfois dans son script et ses idées (un peu d’apesanteur, un aterrisage improbable..) mais propose surtout une vraie vision de cinéma de genre populaire. Liam Neeson a trouvé ce rôle qui lui va comme un gant depuis Taken, avec cette once d’auto parodie que n’aurait pas renié Steven Seegal mais aussi avec ce véritable charisme et son vagadam de bon père de famille devenu alcoolique qui donnent un supplément de vérité au film. Drôle, ultra efficace, prenant, stressant, bourré de suspense et nous tenant en haleine jusqu’à la plutôt mauvaise résolution finale, Non Stop est ce qu’on fait de  mieux dans le genre et son succès est parfaitement mérité. Quand on voit qu’en plus, le film a l’élégance d’inviter la toujours parfaite Julianne Moore, on n’est pas loin d’être comblé. On se dit malgré tout que Le Grand Budapest Hotel de Wes Anderson a exactement les mêmes qualités tout en y ajoutant un sens inné de l’image, de l’absurde, de la bizarrerie, du tempo. Mais c’est une autre histoire.

Visuels et bande-annonce officiels du film.
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Gilles Herail

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