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[Critique] « Night Run » Liam Neeson retrouve Jaume Collet-Serra une fois de trop

[Critique] « Night Run » Liam Neeson retrouve Jaume Collet-Serra une fois de trop

15 mars 2015 | PAR Gilles Herail

Beaucoup moins fun que Non Stop, Run All Night cherche maladroitement le mélange parfait entre le polar à la James Grey et le film de « Liam Neeson tue tout le monde ». La réalisation énerve, le scénario part dans tous les sens, et le western espéré entre Ed Harris et Liam Neeson n’aura jamais lieu. A éviter.

[rating=1]

Synopsis officiel: À Brooklyn, Jimmy Conlon, mafieux et tueur à gages qu’on surnommait autrefois le Fossoyeur, n’est pas au mieux de sa forme. Ami de longue date du caïd Shawn Maguire, Jimmy, qui a aujourd’hui 55 ans, est hanté par ses crimes – et traqué par un inspecteur de police qui, depuis 30 ans, n’a jamais renoncé à l’appréhender. Et ces derniers temps, il semble que le whisky soit le seul réconfort de Jimmy. Mais lorsqu’il apprend que sa prochaine mission consiste à éliminer Mike, son fils qu’il n’a pas revu depuis des années, Jimmy doit choisir entre la « famille » mafieuse qu’il s’est construite et la vraie famille qu’il a abandonnée il y a bien longtemps. Tandis que Mike est en cavale, Jimmy comprend que pour racheter ses fautes passées, il lui faut sans doute protéger son fils du sort funeste qui l’attend lui-même désormais… Alors qu’il n’est plus en sécurité nulle part, Jimmy ne dispose que d’une seule nuit pour résoudre son conflit de loyautés et s’amender enfin.

Liam Neeson continue son improbable come-back, entamé avec Taken en 2008, qui lui a permis de devenir star incontestée de la série B d’action. Son association avec le réalisateur Jaume Collet-Serra avait donné le plutôt insipide Sans Identité et le jubilatoire Non Stop que l’on avait eu un peu honte d’adorerNight Run est clairement la collaboration de trop entre les deux larrons qui ont tenté de pondre leur « film de la maturité ». En s’essayant au polar choral façon James Gray tout en revendiquant la marque de fabrique de papy badass entretenue par l’acteur irlandais. Pas crédible pour un sou quand il se la joue sérieux et pas assez généreux dans ses scènes d’action, Night Run manque en permanence de cohérence et de direction. Le pitch ne brillait pas par son originalité mais avait au moins le mérite de l’efficacité. Cette fameuse course nocturne permettant de survivre jusqu’au matin (dans la veine de The Purge Anarchyne ne commence en réalité qu’à la moitié du film, après avoir subi des scènes d’introduction interminables.

On pensait s’amuser avec ce nouveau personnage de vieux débris alcoolo excité de la gâchette. Mais Mister a des états d’âme, cherche à se rabibocher avec son fiston et fait des petits cauchemars en souvenir de ses précédentes victimes (ce qui ne l’empêchera de dézinguer à nouveau par douzaines). Il y avait un vrai potentiel sur l’affrontement entre ce personnage et celui de son mentor mafieux de toujours, considéré comme un frère et un père. Mais le duel Ed Harris/Liam Neeson est expédié et dilué parmi les sous-intrigues toutes plus inutiles que les autres. Pas grand chose à se mettre sous la dent et l’on a alors le temps de contempler avec agacement la mise en scène de Collet-Serra qui déraille parfois avec des zooms/dézooms assez laids. Que l’on soit client ou non des petites séries B d’action modestes mais sympathiques, Night Run est à éviter. Revoyez Non Stop et la soirée entre potes sera plus agréable.

Gilles Hérail

Night Run, un thriller de Jaume Collet-Serra avec Liam Neeson et Ed Harris, durée 1H54, sortie le 11/03/2015 

Bande-annonce et visuels officiels.

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Gilles Herail

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