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[Critique] « La Vie rêvée de Walter Mitty »: Ben Stiller est « les hommes de mes rêves »

[Critique] « La Vie rêvée de Walter Mitty »: Ben Stiller est « les hommes de mes rêves »

29 décembre 2013 | PAR Olivia Leboyer

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Cette Vie rêvée de Walter Mitty est un petit bijou de fantaisie et de tendresse : si Ben Stiller est hilarant, il sait aussi se montrer mélancolique et merveilleusement romantique. Depuis toujours, il est les hommes de mes rêves, et ce très beau film le confirme ! Rêvez votre vie avec Ben dès le 1er janvier 2014.

[rating=5]

La folie de Ben Stiller nous emporte toujours, à coup sûr. Fou furieux dans Tonnerre sous les Tropiques, Les femmes de mes rêves ou Dodgeball, il montre parfois des déséquilibres plus subtils, dans Mary à tout prix ou Greenberg (de Noah Baumbach, qui a depuis réalisé Frances Ha).

La Vie rêvée de Walter Mitty est irrésistiblement drôle, mais c’est aussi une vraie comédie romantique, au sens fort du terme. Pas de pastiche ou de détournement des codes, qui jouent ici à plein. On se croirait dans du Capra.

Employé du magazine Life depuis de longues années, Walter Mitty (Ben Stiller, dont on ne dira jamais assez à quel point il a de beaux yeux) est consciencieux et modeste. En sous-sol, il dirige une petite équipe de deux personnes : son travail consiste à effectuer les tirages des photos du magazine. Or, un beau jour, un nouveau DRH puant de vanité (Adam Scott, plus qu’excellent en DRH tête à claques) annonce que le journal va passer au format internet. A la clef, de nombreux licenciements… A Life, Walter Mitty occupe une fonction assez importante : mais il n’a pas décidément rien d’un adulte sérieux. Voix douce, air gentil, toujours un jouet improbable à la main ou dans la poche, Walter déroute le DRH ultra formaté, qui n’a jamais vu un tel olibrius ! Car la vraie vie de Walter se déroule en technicolor, dans sa tête, un peu n’importe quand. Ce grand rêveur se déconnecte, pour plonger dans ses fantasmagories hallucinées, mirages délicieux, que le réalisateur Ben Stiller nous fait partager : aucune interruption, à l’écran, entre le quotidien banal et les envolées oniriques, qui semblent s’enchaîner naturellement.

Seulement, une péripétie de taille va venir contrarier le bizarre équilibre de Walter : le négatif de la photo de couverture du dernier numéro a disparu. Sur les traces du grand aventurier-photographe du magazine (Sean Penn, en génial guest !), Walter va soudain incarner le personnage héroïque qui n’existait que dans sa tête. Se lançant à la conquête des Pôles ou en Islande, avec une témérité candide, Walter se lance, sans prétention, avec toute la bonté qui l’anime. Car son moteur, c’est bien sûr l’amour : au sein de Life, une nouvelle employée a capté son attention. Cette jeune femme discrète (Kristen Wiig, absolument adorable), il n’a pas osé l’aborder frontalement. Il aurait pu cliquer sur son profil internet, mais le procédé est si peu romantique…

L’humour de Ben Stiller est irrésistible : mais, au rayon Prince Charmant, il ringardise sans difficulté tous les jeunes premiers. C’est à peine si Sean Penn soutient ici la comparaison !

Foncez voir cette Vie rêvée de Walter Mitty : vous n’écouterez plus jamais la chanson « Major Tom » de David Bowie de la même façon.

La vie rêvée de Walter Mitty, de Ben Stiller, Etats-Unis, 1h56, avec Ben Stiller, Kristen Wiig, Shirley MacLaine, Adam Scott, Sean Penn. Sortie le 1er janvier 2014.

visuels: photo, affiche et bande annonce officielles du film

http://www.youtube.com/watch?v=E_ZLaatXRBc

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Olivia Leboyer
Docteure en sciences-politiques, titulaire d’un DEA de littérature à la Sorbonne  et enseignante à sciences-po Paris, Olivia écrit principalement sur le cinéma et sur la gastronomie. Elle est l'auteure de "Élite et libéralisme", paru en 2012 chez CNRS éditions.

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