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[Critique] Golshifteh Farahani illumine « Go Home », le premier film de Jihane Chouaib

[Critique] Golshifteh Farahani illumine « Go Home », le premier film de Jihane Chouaib

06 décembre 2016 | PAR Hugo Saadi

Pour son premier long métrage, la réalisatrice Jihane Chouaib, nous amène sur sa terre natale du Liban avec Go Home, un drame intimiste simple mais porté par la splendide Golshifteh Farahani (interview avec l’actrice à retrouver demain sur Toute La Culture).

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À travers le prisme de l’identité, Jihane Chouaib développe le portrait de Nada, une jeune libanaise qui retourne dans son pays natal. Depuis son émigration, elle n’est cependant plus la bienvenue dans le village chrétien où elle a passé son enfance. Le titre du film prend alors rapidement sens lorsqu’elle découvre un tag « Go Home » sur le mur du salon. Une quête identitaire sur son passé se met en place dans le but de révéler les secrets disparus lors du conflit éclaté quelques années plus tôt.

Elle retrouve une maison familiale complètement en ruines, où les impacts de balles recouvrent les murs, mais décide d’y séjourner et de la remettre en ordre. Go Home traite de manière non frontale de la guerre civile, puisqu’en fil rouge, il est question de meurtre et de bombardement. Le grand père de Nada aurait été tué par un homme du village suite à la mort de l’un de ses fils dans un attentat. Les secrets se dévoilent à petit feu, mais les discussions qui déterrent le passé tournent vite à l’hostilité.

Les séquelles de la guerre sont toujours là pour la réalisatrice et ses personnages fictionnels. Le trauma psychologique, enfoui, resurgit petit à petit chez Nada, visible à l’écran par de nombreux flashbacks. L’autre personnage principal du film s’avère être la maison d’enfance. L’intrigue se déroulant autour de celle-ci (la redécouverte suivie d’une remise en ordre et enfin d’une mise en vente), Nada y passe le plus clair de son temps. Une maison vide, fantomatique qui pèse sur le film et apporte une touche fantastique. Nada s’accroche à cette racine qui la relie encore au Liban, tandis que son frère, lui, est venu pour la vendre sur les ordres de son père.

Le film séduit dans son ensemble, grâce principalement à la présence à l’écran de Golshifteh Farahani ainsi qu’à l’esthétique et la réalisation de Jihane Chouaib. L’actrice iranienne est magnifique et illumine le film par son jeu et sa beauté naturelle, comme à son habitude. Même si Go Home film n’offre rien d’inédit, sa touche poétique et fantastique lui donne une saveur différente des autres films indépendants traitant déjà d’un sujet similaire d’exil.

Visuels © Paraiso Production

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Hugo Saadi

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