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[Critique] « Girafada » conte animal à hauteur d’enfant sur le conflit israélo-palestinien

[Critique] « Girafada » conte animal à hauteur d’enfant sur le conflit israélo-palestinien

07 mai 2014 | PAR Gilles Herail

Bourré de qualité, Girafada est une jolie surprise qui réussit à allier chronique réaliste sur les territoires palestiniens occupés et conte poétique à hauteur d’enfant. Partisan mais objectivement réussi.

[rating=3]

Synopsis officiel: Yacine est vétérinaire dans le dernier zoo de Palestine. Son fils Ziad, 10 ans, passe beaucoup de temps avec les animaux et a un lien particulier avec les deux girafes. Une nuit, après un raid aérien sur la ville, le mâle meurt. La femelle ne peut pas vivre seule et se laisse doucement mourir. Yacine doit de toute urgence lui trouver un nouveau compagnon. Mais le seul zoo qui pourrait l’aider se trouve à Tel-Aviv…

Comme dans La vie est belle de Roberto Benigni, Girafada tente une équation difficile. L’atmosphère poétique du conte pour raconter une réalité sombre de l’histoire. Le film est construit autour de cet enfant pas si mignon, assez ronchon, mais passionné par les girafes, qui sont au cœur de sa vie. Son père, aimant, s’attache à rendre possible les rêves du fils. De ce postulat naît alors cette belle idée, improbable. Faire passer clandestinement une girafe mâle d’Israël vers les territoires palestiniens, pour sauver la girafe femelle refusant de se nourrir après la mort de son compagnon. Le conte est bien présent, à hauteur d’enfant, notamment dans les scènes finales pleines de poésie qui voient cette girafe traverser la frontière et les rues pour rejoindre le zoo. Des instants où la croyance absolue d’un enfant devient la priorité des adultes, en oubliant le conflit qui les entoure. Girafada est cependant beaucoup plus réaliste qu’attendu et l’arrière fond politique est ultra présent, ne cherchant pas à Disneyiser le conflit israélo-palestinien et en prenant clairement parti. Peut être un peu trop car la douceur de la relation père fils et la naïveté poétique de l’histoire tranche avec une charge anti israélienne trop frontale qui ne cherche à sauver personne du côté de l’occupant. Le personnage de Roschdy Zem, juif, ami du vétérinaire palestinien aurait pu apporter ce contrepoids mais souffre lui aussi d’une caricature trop marquée. Malgré ces réserves sur le fond, Girafada est un très beau film sur les émotions d’un enfant et une oeuvre réaliste bien que choquante sur la réalité quotidienne des territoires palestiniens. Un film étrange mais réussi à découvrir dans les quelques salles courageuses qui le diffusent.

Girafada, un film franco-palestinien de Rani Massalha avec Saleh Bakri et Roschdy Zem

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Gilles Herail

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