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[CRITIQUE] « Elle l’adore » : Sandrine Kiberlain excelle dans un polar ludique assez malin

[CRITIQUE] « Elle l’adore » : Sandrine Kiberlain excelle dans un polar ludique assez malin

27 septembre 2014 | PAR Gilles Herail

[rating=3]

Sandrine Kiberlain et Laurent Lafitte sont parfaits dans ce polar malin, un poil surestimé. Elle l’adore est astucieux, bien écrit et ménage son suspense avec talent. Tout à fait recommandable. 

Synopsis officiel: Muriel est esthéticienne. Elle est bavarde, un peu menteuse, elle aime raconter des histoires souvent farfelues. Depuis 20 ans, Muriel est aussi la première fan du chanteur à succès Vincent Lacroix. Avec ses chansons et ses concerts, il occupe presque toute sa vie. Lorsqu’une nuit Vincent, son idole, sonne à la porte de Muriel, sa vie bascule. Elle est entraînée dans une histoire qu’elle n’aurait pas osé inventer.

L’obtention par Elle l’adore des labels UGC, Gaumont et MK2 a donné l’occasion à ce petit polar de la réalisatrice Jeanne Herry de faire parler de lui. Des spectateurs semblent-ils conquis lors des avant-premières, un buzz bien géré et l’attente d’un succès populaire pour ce mois de septembre. Elle l’adore est à tort présenté comme une comédie policière. L’atmosphère est au contraire au suspense et aux surprises, et le sourire ne vient que de légers effets de décalage et d’étrangeté. Jeanne Herry a dessiné deux beaux personnages. Un chanteur populaire menant une vie normale, simple, plutôt bon garçon, cachant un instinct de survie et de tromperie très développé. De l’autre côté, une fan, plus âgée, esthéticienne de profession, collectionnant les albums et les places de concert mais loin d’être une addict psychotique. Cette femme très terrienne, incarnée par Sandrine Kiberlain, s’invente par contre des histoires et possède un don certain pour l’affabulation.

C’est sur ce point que le scénario joue pour surprendre le spectateur et complexifier le récit. D’une tonalité souvent dramatique dans le premier tiers, nous permettant d’adhérer à cette histoire improbable, le film passe progressivement au polar psychologique, ludique et malicieux. Laurent Lafitte est dépassé par les événements et le personnage de Sandrine Kiberlain que l’on croyait potiche se révèle comme la véritable héroïne. Lors d’une mémorable scène de garde à vue, clef de voûte du film, sa spontanéité banale crée le doute et le trouble. On ne révélera pas les éléments de l’histoire pour ne pas gâcher le plaisir du spectateur. Elle l’adore est un petit film, aux ambitions mesurées, qui séduit, sans totalement impressionner. Le film doit beaucoup à son actrice principale dont l’étrangeté naturelle se marrie parfaitement avec l’univers de Jeanne Herry. On décèle ici et là un sens du décalage et de l’ambiance qui on l’espère seront encore plus présents dans le prochain film d’une réalisatrice à suivre.

Gilles Hérail 

Elle l’adore, une comédie policière de Jeanne Herry avec Laurent Lafitte et Sandrine Kiberlain 

Visuels et bande-annonce officiels du film.
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Gilles Herail

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