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[Critique] « Casse-tête chinois », Cédric Klapisch clôture la trilogie des Voyages de Xavier en toute beauté

[Critique] « Casse-tête chinois », Cédric Klapisch clôture la trilogie des Voyages de Xavier en toute beauté

03 décembre 2013 | PAR Hugo Saadi

[rating=4]

Onze ans après L’Auberge Espagnole et huit ans après Les Poupées Russes, Cédric Klapisch revient cette année avec Casse-tête chinois, le 3e et dernier volet de la trilogie qu’il appelle « Les Voyages de Xavier ». On suit avec passion et affection les dernières aventures de Romain Duris à New York après Barcelone, Londres et Saint-Pétersbourg !

Après avoir couru à vive allure dans les rues de Barcelone ou de Saint-Pétersbourg, c’est à New York que Romain Duris termine sa course. Le film s’ouvre sur Xavier (Romain Duris) accompagné de ses deux enfants qu’il tire à bout de bras pour se rendre à son propre mariage avec une Asiatique rencontrée quelques jours plus tôt. On comprend alors qu’il s’est à nouveau embarqué dans de multiples affaires qu’il ne tarde pas à nous dévoiler par l’intermédiaire de la voix off et d’une réalisation découpée. Effectivement, Xavier a décidé d’écrire ses histoires de cœur depuis son année à Barcelone et nous conte ici, à travers les sessions skype avec son éditeur, le déroulé de sa vie mouvementée. Casse-tête chinois est donc une course effrénée dans les rues de New York avec la bande des quatre : Xavier (Romain Duris) en tête, suivie de près par son ex-femme Wendy (Kelly Reilly), sa meilleure amie Isabelle (Cécile de France) et son autre ex-femme et amie d’enfance, Martine (Audrey Tautou). C’est dans ce casse-tête chinois que nous plonge le réalisateur de Paris pour nous livrer la dernière pièce d’un puzzle bien compliqué.

C’est donc à New York que tout va s’éclaircir. Xavier a choisi d’y emménager pour continuer à voir ses enfants après sa séparation avec Wendy. Isabelle y vit avec sa nouvelle copine, enceinte d’un bébé dont le père biologique n’est autre que Xavier. Et enfin, Martine qui s’y rend pour un rendez-vous d’affaires qui va se transformer en reconquête d’un amour perdu. Parmi tout ce monde se glissera de temps à autre le père de Xavier (Benoît Jacquot), Ju (Sandrine Holt), la compagne d’Isabelle,  ou encore Isabelle De Groote (Flore Bonaventura), sa maîtresse, pour fournir au film des scènes d’un ton différent et souvent humoristiques. Le rythme, ce n’est pas ce qui manque dans Casse-tête chinois. Klapisch use comme à son habitude de diverses techniques de mise en scène pour un rendu frénétique où la réalisation est électrique et énergique (courses de rues, travelling en long et en large, plan de métro multimédia…). Dans ce décor américain aux avenues longilignes et perpendiculaires, le réalisateur présente New York sous un nouvel angle et l’intègre parfaitement à son histoire. Chinatown, les gratte-ciel, le loft face à Central Park, chaque endroit tient sa justification dans le récit et est doté d’une palette de personnages spécifiques à ces lieux.

Bien aidé par une bande originale signée Kraked Unit qui nous donne le sourire et la pêche, le film arrive à nous maintenir en haleine de bout en bout jusqu’aux derniers chapitres de leurs histoires, jusqu’aux dernières pages du livre que l’on a ouvert avec eux il y a 11 ans. Car c’est cela aussi la force de cette trilogie, et, de fait, de ce troisième opus. On a vu évoluer ces personnages que l’on apprécie de plus en plus, on les a vus vieillir et on les verra bientôt franchir le cap des 40 ans. De plus, le charisme de Romain Duris vient renforcer l’ensemble déjà bien homogène. Son jeu souligné par un sourire omniprésent donne un grand plus au film et illumine l’écran. On n’oubliera pas également Audrey Tautou, fidèle à elle-même avec ses mimiques, la beauté d’une Kelly Reilly qui mûrit au fil des ans ainsi que l’humour et les discussions développées par Cécile de France. Casse-tête chinois présente une nouvelle tranche de vie des aventures de Xavier. Sublimement mis en scène, le réalisateur français a le sens du détail et arrive à recréer une ambiance amicale que l’on avait déjà ressenti dans les deux épisodes précédents. Les fans de L’Auberge Espagnole et des Poupées Russes n’ont pas de souci à se faire, le film est dans la même veine et plaira au plus grand nombre !

Casse-tête chinois, un film de Cédric Klapisch avec Romain Duris, Audrey Tautou, Kelly Reilly et Cécile de France, comédie dramatique française, 1h54.

Visuels : © Studio Canal

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Hugo Saadi

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