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[Critique] « Borgman », un thriller hollandais à l’humour noir en demi-teinte

[Critique] « Borgman », un thriller hollandais à l’humour noir en demi-teinte

19 novembre 2013 | PAR Hugo Saadi

[rating=3]

Le réalisateur hollandais Alex Van Warmerdam s’était fait connaître auprès du public français en 1992 grâce à son film Les Habitants. Son dernier film, Borgman, sélectionné en compétition officielle au dernier festival de Cannes, mélange le thriller et la comédie noire pour former un conte maléfique qui séduit, mais pas dans sa totalité.

Le film s’ouvre sur deux habitants et un curé armés jusqu’aux dents se lançant dans une chasse à l’homme à travers les bois : cet homme, c’est Camiel Borgman (Jan Bijvoet). Après avoir quitté en vitesse sa cabane souterraine, Borgman réussit à s’échapper et choisit comme point de chute une belle maison d’une banlieue huppée. Ne réclamant au départ qu’un bain, il va au fil du temps s’imposer de plus en plus dans le quotidien de cette famille. Marina (Hadewych Minis), la femme de la maison, lui ouvre volontiers sa porte avant que son mari Richard (Jeroem Perceval) le roue de coups par jalousie et xénophobie. C’est donc dans le secret que Camiel et Marina vont continuer à se voir, Camiel vivant désormais dans la cabane au fond du jardin. Le film prend alors des tournures de « home-invasion », mais le réalisateur que nous avons interviewé (interview à lire dans les prochains jours) préfère qualifier le film de « home-invitation ».

Borgman est rempli de surprises qui peuvent perdre le spectateur. On ne sait plus trop où le réalisateur veut nous emmener et on se contente de suivre les multiples crimes commis par la bande de Camiel Borgman. Le point fort du film, c’est bien évidemment son humour noir. Alex Van Warmerdam s’amuse avec nous et dans cet endroit confiné qu’est cette demeure au design élégant il démarre une partie de cache-cache entre Borgman et les habitants. Malheureusement, le film s’essouffle un peu vite, le récit s’enlise et le spectateur est de plus en plus perdu face aux multiples rebondissements. Après une première partie très bien maîtrisée, la seconde vient entacher le long métrage. Les personnages qui restent mystérieux ne suscitent pas d’empathie de la part du spectateur. Borgman demeure tout de même un bon condensé de genres (comédie, thriller…) au climat malsain mais ne tient pas sur la durée. Dommage, car le film emporté par un Jan Bijvoet prenant et à 100% dans son rôle avait tout pour sortir des sentiers battus et proposer un regard nouveau sur le genre du « home-invasion ».

Borgman, un film d’Alex Van Warmerdam avec Jan Bijvoet, Hadewych Minis, Jeroen Perceval, thriller néerlandais, 1h53. Au cinéma le 20 novembre 2013.

Visuel : © ARP Selection

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Hugo Saadi

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