A l'affiche
[Critique] « Bon rétablissement » : Gérard Lanvin dans une comédie humaniste démodée de Jean Becker

[Critique] « Bon rétablissement » : Gérard Lanvin dans une comédie humaniste démodée de Jean Becker

20 septembre 2014 | PAR Gilles Herail

Comédie humaniste pleine de bonnes intentions, Bon Rétablissement échoue pourtant à faire rire ou émouvoir, faute à un scénario maladroit quand il essaie de traiter des sujets plus contemporains.

[rating=2]

Synopsis officiel: Suite à un accident, Pierre, la soixantaine, se retrouve cloué au lit avec une jambe dans le plâtre. Misanthrope au caractère bien trempé rêvant de silence et de solitude, voilà que le monde s’invite à son chevet. Il assiste alors impuissant à la valse quotidienne des médecins, infirmières et personnels hospitalier, puis de ses proches dont son frère Hervé. Au fil de rencontres inattendues, drôles ou touchantes, Pierre reconsidère certains a priori et pose sur les autres un regard différent. Et, contre toute attente, ce séjour à l’hôpital finit par ressembler à une renaissance…

Jean Becker fait partie des cinéastes français les plus populaires, avec une régularité inégalée: et une vraie fidélité du public (tous ses films, à part Bienvenue parmi nous ont dépassé le million d’entrées). Humaniste aimant la campagne, les valeurs, les bons mots et l’amitié, le réalisateur avait su trouver le ton juste dans Dialogue avec mon jardinier et Effroyables Jardins. Il avait aussi réussi à nous surprendre avec Deux jours à tuer, invitant Dupontel dans son univers avec un film plus agressif, plus cynique, où le personnage principal disait ses quatre vérités à ses proches avant de tout quitter sur un coup de tête. Bon rétablissement ressemble plus à La tête en friche, comédie écrasée par ses bons sentiments où Depardieu apprenait à lire avec une gentille mamie. L’idée d’engager Lanvin était bonne. Bourru au grand cœur aimant le verbe et les expressions à la Audiard. L’acteur est en terrain connu et fait le boulot. Parmi les seconds rôles, on retiendra Daroussin, qui réussit à émouvoir avec quelques lignes de dialogues et un personnage pourtant très ténu. Daniel Guichard est aussi excellent en meilleur ami, nous offrant des moments de pure tendresse complice avec Lanvin.

Bon rétablissement ne souffre pas de longueurs excessives (le film dure 1H20) mais d’une vraie difficulté à nous faire croire aux histoires de ces figures qui défilent autour du lit du personnage principal. L’infirmière et l’univers de l’hôpital sont un peu trop clichés, au moment où vient de sortir l’excellent Hippocrate. L’adolescente mâche inlassablement son chewing-gum en jouant à la jeune. Le  personnage du prostitué sauveur, pourtant interprété par un acteur prometteur, sonne faux et sa relation avec Lanvin artificielle. La caméra sans étincelles de Jean Becker filme alors paisiblement ces rencontres et ces destins, avec bienveillance, n’évitant pas les moments parfois embarrassants. Le réalisateur nous avait habitué à mieux et Bon rétablissement ne restera pas dans les mémoires. Un autre feel-good movie sort cette semaine. Il est anglais, euphorisant, hilarant, bouleversant. Ça s’appelle Pride et c’est à voir.

Gilles Hérail

Bon rétablissement, une comédie française de Jean Becker avec Gérard Lanvin, durée 1h20, sortie le 17/09/2014

[Live report] Arabic Sound System à l’Institut du Monde Arabe
[Critique] « Pride » : comédie anglaise solidaire, militante et euphorisante. Coup de cœur!
Gilles Herail

One thought on “[Critique] « Bon rétablissement » : Gérard Lanvin dans une comédie humaniste démodée de Jean Becker”

Commentaire(s)

    Publier un commentaire

    Votre adresse email ne sera pas publiée.

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *