A l'affiche

[Compétition] « Deux jours, Une nuit », les Frères Dardenne en lice pour une troisième palme?

[Compétition] « Deux jours, Une nuit », les Frères Dardenne en lice pour une troisième palme?

20 mai 2014 | PAR Yaël Hirsch

Un titre temporel qui fait penser à la palme d’or signée Christian Mungiu, une comédienne oscarisée (Marion Cotillard) et un nouveau beau portrait de femme après Rosetta, les frères Dardenne demeurent les chouchous de la Croisette. Film sobre, élégant et efficace, Deux jours, une nuit propulse Marion Cotillard en tête pour le prix d’interprétation féminine. 

[rating=4]

Alors que Sandra (Marion Cotillard) s’apprête à regagner sa place dans une petite entreprise de 17 personnes après un congé maladie lié à une dépression, elle apprend qu’un vote a eu lieu. Face à des difficultés économiques, le patron a donné le choix à ses employés : renoncer à leur prime ou laisser Sandra se faire licencier, après avoir réalisé qu’ils pouvaient fonctionner sans elle. Un premier vote a signé le chômage de Sandra, mais état donné que celui-ci a été fait sous pression, notamment d’un contremaître (Olivier Gourmet, qui apparaît « tel le Sanglier de Ardennes » à la fin du film). Un nouveau vote avec des bulletins secrets est décidé pour le lundi matin. Du samedi matin au lundi matin, avec le soutien précieux de son mari (Fabrizio Rongione), Sandra a deux jours et une nuit pour aller voir chacun de ses collègues et convaincre 9 d’entre eux de renoncer à leur prime pour conserver son emploi.

Avec une  intrigue limpide, une mise en scène d’une sobriété infinie, des dialogues qui sonnent tous très juste et un axe fort constitué par le couple Cotillard/Rongione, c’est encore un très grand film que les frères Dardenne nous proposent. Traitant d’un thème terriblement d’actualité, Deux jours, une nuit, n’est jamais manichéen : tous ceux qui votent pour conserver leur prime de 1000 euros ont d’excellentes raisons de le faire et ne s’en sortiraient pas sans cet argent. Dans le porte à porte terrifiant de cette femme à la fois fragile et courageuse, Marion Cotillard retrouve une aura qu’elle avait perdue depuis De Rouille et d’os. Elle parvient à nouer ensemble la dépression, la dignité et la simplicité de son héroïne, qui est un beau personnage, jamais dans le jugement et que son propre courage recharge en vie, en rayonnement et en combativité. Jusqu’ici cette performance d’actrice, parfaitement en harmonie avec un film où la nuance est le génie de l’authenticité.


DEUX JOURS, UNE NUIT – Bande-annonce par diaphana

Deux jours, une nuit, de Luc et Jean-Pierre Dardenne, avec Marion Cotillard, Fabrizio Rongione, Pili Groyne, France, Belgique, 2014, 1h35. Sortie le 21 mai 2014. Diaphana, En compétition.

visuel : photo officielle du film (c) Christine Plenus

Voir le dossier Cannes de la rédaction.

La recette de Claude : cake au citron et grains de pavot
Tatoueurs Tatoués* au Quai Branly
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *