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Tatoueurs Tatoués* au Quai Branly

Tatoueurs Tatoués* au Quai Branly

20 mai 2014 | PAR Carlos Dominguez-Lloret

Depuis mardi 6 mai jusqu’au 18 octobre 2015 l’art du tatouage trouve sa place au musée du quai Branly à Paris.

branly 2Dans l’exposition Tatoueurs, Tatoués* nous sommes confrontés à tout un éventail de pratiques liées à l’art, jadis controversé, du tatouage. L’exposition, dont le commissariat va de la main de Anne & Julien, créateurs de la revue trimestrielle Hey!, nous plonge dans la complexité d’un art qui s’inscrit dans la frontière ultime de l’homme, sa peau.

Au début de notre parcours nous trouvons une carte qui indique tous les peuples tatoués à travers le monde, témoignage de l’ampleur et de la complexité de cette pratique sociale. À partir des Pictes et des romains, en passant par le continent américain, asiatique, et les pratiques du tatouage chez les Maras de l’Amérique centrale, nous sommes vis à vis d’un art qui se montre et qui se cache, langage explicite mais à la fois occulte qui a évolué dans le temps, au sein des cercles marginaux. En Occident, Il a fallu attendre la surexposition des médias et la publicité au XXème siècle pour que cette pratique ait pu sortir de la clandestinité.

La marque permanente dans le corps n’a jamais été proprement acceptée en Occident. Le Corps, sous l’influence du christianisme est sacré et depuis longtemps toute intrusion dans la chair a été vue comme un sacrilège. Cependant, dans certains pays d’Orient, le tatouage a été accepté comme marque initiatique au sein de certaines sociétés: le passage d’une classe d’âge à l’autre, rituel d’initiation  ou  rituel magique qui vise la protection physique et spirituel de celui qui le porte, caractérise la pratique du tatouage en Asie.

budhaAfin de nous rappeler l’ancienneté et omniprésence du tatouage à travers le monde, l’exposition s’ouvre à l’époque du Chalcolithique (3350 – 3100 av. J.-C.) où les Européens ont eu un rapport thérapeutique avec cette pratique, en passant par les groupes ethniques pour qui la marque permanente est signe de reconnaissance sociale, identitaire et même de proteste, par des sideshows autour des cirques qui exhibent le corps tatoué dès le 19ème siècle, jusqu’au XX ème siècle où le tatouage devient un art porteur de message.

L’art du tatouage présenté au quai Branly se déploie par continents. L’exposition est constituée de 32 oeuvres produites pour l’évènement, 13 dessins qui représentent le tatouage contemporain sur des volumes de jambe, de buste ou de bras en silicone et des toiles vierges qui ont été confiées à 19 tatoueurs du monde entier.

Tatoueurs Tatoués* est un voyage sur la peau des pays qui pratiquent ce type d’art ancestral. Grâce au tatouage nous pouvons suivre les traces des civilisations du monde entier, ainsi nous sommes convaincus du caractère universel de la pratique du tatouage.

Les dessins et les mots se font parole et témoignage de cultures établies aussi comme de l’errance de guerriers et de marins. Le tatouage se fixe dans la peau et nous fixe dans une idée ou dans un groupe social, mais il a aussi la vertu de voyager, de muter et d’évoluer avec le temps.

 Images © Niamh McInerney

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