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Cannes 2018, Quinzaine des réalisateurs : « Joueurs », Tahar Rahim et Stacy Martin dans un drame électrique.

Cannes 2018, Quinzaine des réalisateurs : « Joueurs », Tahar Rahim et Stacy Martin dans un drame électrique.

13 mai 2018 | PAR Hugo Saadi

Présenté aujourd’hui à la Quinzaine des réalisateurs, le film « Joueurs » aura marqué la journée par sa brutalité, son engagement et son duo électrique : Tahar Rahim et Stacy Martin. Si Marie Monge en était à son premier coup d’essai dans le monde du long-métrage, elle n’a pas eu peur d’y mettre toute sa force pour livrer un premier film qui nous happe du début à la fin. 

[rating=3]

« Joueurs » reprend le schéma classique de nombreux films : une fille ayant une bonne situation, mais étant paumée, se laisse embarquer dans une spirale dangereuse lors de sa rencontre / coup de foudre avec un bad boy qui peine à payer ses dettes. C’est donc la rencontre entre Ella (Stacy Martin), gérante du resto de son père, et Abel (Tahar Rahim), venu pour faire un essai en salle, que le spectateur va suivre. Si la rencontre entre les deux s’effectue dans le sous-sol des caves du restaurant, ce n’est pas un hasard. Tout le film aura comme fil rouge les souterrains. Que ce soit le métro, où Ella franchit un premier palier dans son aventure, aux clubs de jeux illégaux, cachés dans les souterrains des immeubles parisiens. Ces derniers constituent une étape majeure pour Ella, qui se retrouvera rapidement embarquée dans l’enfer des jeux.

Schéma classique donc, avec quelques clichés concernant la relation (la jeune fille prête à tout et qui se détache rapidement de sa famille et de son quotidien, les coups bas et la violence au sein du couple), mais là où le film captive, c’est dans son traitement des salles de jeux clandestines. La réalisatrice ne montre pas le Paris carte postale, bien au contraire, et c’est ce qui séduit. Quant aux scènes en lien avec les mises d’argent, elle adopte une réalisation bien cut, qui dynamise les scènes pour ne pas tomber dans une succession de scènes banales de paris. « Joueurs » nous balade donc de salles en salles parisiennes, mêlant courses hippiques et courses automobiles dans le Paris de la nuit. Mais qui dit jeux d’argent, dit aussi dettes et addiction. Tous les éléments sont donc réunis pour livrer un film assez noir, où la ville est le décor principal et les problèmes continuels. Enfin, la relation entre les deux acteurs captive : cette alchimie que l’on sent naturelle vient rajouter à l’ensemble un liant qui permet au spectateur de rentrer rapidement dans l’histoire, de suivre avec appréhension son déroulé et de se délecter d’un final haletant. Belle première réalisation pour la jeune femme qui a réussi à réunir un beau couple qui crève l’écran : Tahar Rahim, âpre et romantique, et Stacy Martin, douce et tête brûlée. Une direction d’acteurs impeccable qui, on l’espère, se confirmera dans son prochain film.

« Joueurs », un film de Marie Monge, avec Tahar Rahim, Stacy Martin, Buno Wolkowitch, Karim Leklou et Marie Denarnaud, présenté au festival de Cannes, durant la Quinzaine des réalisateurs. Durée : 1h47. Sortie française au cinéma : le 4 juillet 2018.

Visuels © Bac Films

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