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Cannes 2018, Quinzaine des réalisateurs : « Les Confins du monde », l’âpreté de l’Indochine vue par Guillaume Nicloux.

Cannes 2018, Quinzaine des réalisateurs : « Les Confins du monde », l’âpreté de l’Indochine vue par Guillaume Nicloux.

13 mai 2018 | PAR Hugo Saadi

Après avoir emmené Isabelle Huppert et Gérard Depardieu dans le désert américain dans « Valley of Love« , Guillaume Nicloux propulse Gaspard Ulliel et Guillaume Gouix dans la forêt hostile d’Indochine avec « Les Confins du monde ». Un périlleux voyage mêlant amour et vengeance qui terminera son chemin dans la folie. Ambitieux et explosif comme on aime. 

Le début et la fin du nouveau film de Guillaume Nicloux, se répondent. Tous deux ont un rapport au mutisme. L’ouverture de « Les Confins du monde » présente Robert Tassen (Gaspard Ulliel), seul survivant d’un massacre sanglant qui aura eu la peau de son frère et sa belle-sœur. Il est sans voix, le regard dans le vide, totalement perdu. Il s’engage alors dans une quête solitaire et périlleuse pour retrouver les assassins. Entre temps, il tombe amoureux de Mai, une jeune prostituée indochinoise qui va le bouleverser. Nous voilà dans l’Indochine pluvieuse et hostile de 1945.

Le film nous absorbe totalement et l’on suit le quotidien de ses soldats durant des mois. On partage leurs doutes, leurs craintes et leurs peurs, mais aussi leurs allées et venues chez les prostituées et leurs missions de combat (très intense) envers un ennemi qui n’arrête pas de changer. Film de guerre, mais pas que, « Les Confins du monde » revêt également une noirceur troublante et une violence mentale. Le réalisateur français n’y est pas allé par quatre chemins pour montrer la cruauté des combats : corps mutilés, têtes décapitées… tout y passe. Au final, ces deux heures passées en compagnie de ce régiment nous transportent et l’on pourrait rester plus longtemps à leurs côtés.

À noter également les passages avec Gérard Depardieu, qui joue une figure paternelle pour le soldat Tassen, passages qui donnent une bouffée d’air dans un long-métrage qui ne laisse pas de tout repos. La folie prendra le dessus vers la fin du film, sublimée par la performance de Gaspard Ulliel. Toujours dans la retenue, dans l’économie des mots, il fait passer toutes ses émotions par sa voix et son regard. Brillant malgré son rôle de soldat fantomatique. Guillaume Gouix, le plus proche ami du soldat Tassen laisse un sacré souvenir, mêlant douceur et brutalité à son personnage.

«  Les Confins du monde » un film de Guillaume Nicloux, avec Gaspard Ulliel, Gérard Depardieu, Guillaume Gouix et Lang-Khê Tran, présenté au festival de Cannes, durant la Quinzaine des réalisateurs. Durée : 1h43. Prochainement au cinéma.

Visuels © Ad Vitam

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