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« Bliss » de Joe Begos : récit d’un bad trip ultra sanglant !

« Bliss » de Joe Begos : récit d’un bad trip ultra sanglant !

21 septembre 2019 | PAR Simon Théodore

Parmi les différents films de minuit projetés dans le cadre du douzième Festival européen du film fantastique de Strasbourg, Bliss de Joe Begos faisait parti des plus sanglants. Dans cette réalisation sanglante, le réalisateur américain propose une version hallucinée et gore du mythe du vampire. Âmes sensibles s’abstenir…

Dezzy Donahue est une jeune artiste peintre qui, sobre depuis trois mois, peine à finir sa toile. Alors qu’elle ne produit plus rien depuis un moment, son agent la lâche. Elle retombe alors dans ses vices et teste une drogue, la Bliss, beaucoup plus puissante que les autres. Sujette à des visions psychédéliques et assoiffée de sang, elle retrouve l’inspiration mais cela aura prix…

Le message préventif diffusé en début de séance ne mentait pas. Ce film pourrait faire fuir les épileptiques tellement il s’avère être agressif et visuellement fatiguant. Le métal d’Isis et d’Electric Wizzard rythme les fêtes auxquelles participe Dezzy pour se détruire. Consommation de drogue en tout genre et sexualité débridée, ces éléments rendent l’atmosphère lourde. Cette impression est renforcée, tout au long du film, par des temps de silence quasi inexistant. Progressivement, après chaque « trip », on suit l’évolution d’une oeuvre à l’esthétique de plus en plus infernale. Le rouge de sa toile dévoile une âme torturée par des visions morbides tandis que les actes amenant les effusions de sang sont d’une rare violence et cruauté. Sans aucun doute, avec Bliss, Joe Begos a cherché à faire une sorte de Requiem for a Dream dans une version beaucoup gore et indigeste.

Au-delà de cette histoire relatant la descente aux Enfers d’une jeune droguée, il revisite, de manière contemporaine, les histoires de vampires. Exit les canines pointues, le rejet du soleil et autres légendes liées à ce folklore, seul le goût du sang compte. Transformée durant une orgie, Dezzy (Dora Madison) ne peut s’empêcher de tuer pour atteindre son état de transe qui lui permet de poursuivre son œuvre. Le travail sur l’image et le son de Joe Begos permet de bien saisir ces moments de basculement vers la folie. Morsures au cou, pieu dans le cœur, quelques éléments permettent néanmoins au réalisateur de dévoiler ses sources d’inspiration. Il en résulte alors des scènes aussi intenses que violentes et, comme dans tout « midgnight movies » qui se respecte, certaines effusions de sang prêtent aux rires.

En somme, grâce à une atmosphère musicale et visuelle aussi pesante que sombre, Bliss s’avère être un film captivant. Si tout ce rouge et cette hémoglobine rendent parfois le contenu un peu fatiguant – le film aurait d’ailleurs pu s’arrêter quelques minutes avant la dernière scène – Joe Begos livre un bel exercice de style qui ravira les amateurs du genre.

Bliss de Joe Begos, avec Dora Madison, Jeremy Gardner, Tru Collins. Genre : horreur. Durée : 1h20.

Visuel : affiche du film.

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