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72e Festival de Cannes : un jury éclectique de talents internationaux

72e Festival de Cannes : un jury éclectique de talents internationaux

30 avril 2019 | PAR Alexis Duval

Quatre hommes et quatre femmes accompagneront le cinéaste mexicain Alejandro Gonzalez Inarritu dans les délibérations pour la sélection officielle. En résumé : on a hâte ! 

A mesure des annonces, la 72e édition du Festival de Cannes se fait décidément de plus en plus alléchante. On attendait avec impatience de savoir qui allait faire partie du jury et allait accompagner le président, le Mexicain Alejandro Gonzalez Inarritu, du 14 au 25 mai. La nouvelle est datée lundi 29 avril en début de soirée. Et c’est, sur le papier du moins, la promesse de beaux échanges en vue notamment de l’attribution de la Palme d’or. Quatre femmes, quatre hommes : la représentativité sexuelle est au rendez-vous. Avec sept nationalités différentes, la diversité géographique aussi.

« Le jury de Cannes est invité à voir des films réalisés parmi les plus grands cinéastes de l’époque – c’est encore le cas cette année. Toutes celles et ceux qui figurent en compétition doivent aussi se savoir regardés par de grands artistes – c’est également le cas ! », s’enthousiasment le délégué général Thierry Frémaux et le président Pierre Lescure dans le communiqué qui accompagne la présentation du jury sur le site Internet du festival.

Elle Fanning, Maimouna N’Diaye, Kelly Reichardt et Alba Rohrwacher

A 21 ans, l’actrice américaine Elle Fanning sera la benjamine du jury. Elle présente la particularité d’avoir tourné sous la houlette d’Alejandro Gonzalez Inarritu, dans Babel en 2006. Dix ans plus tard, elle avait envoûté la Croisette dans Neon Demon de Nicolas Winding Refn. Elle excellait dans un rôle fort de mannequin faisant ses premiers pas dans la cruelle industrie hollywoodienne.

Il y aura aussi la Franco-Guinéenne Maimouna N’Diaye. Comédienne et documentariste, elle a notamment joué dans deux films d’Otan Iossellani (La Chasse aux papillons, 1992, Jardin en automne, 2005) et Bac ou mariage (1988) de Jean Rouch. Elle a également contribué au doublage du film d’animation Kirikou et la sorcière.

La réalisatrice américaine Kelly Reichardt apportera son expérience cannoise : son troisième long-métrage, Wendy et Lucy, avait été présenté dans la section Un certain regard en 2008. La cinéaste est plus habituée du Festival du film américain de Deauville, où son film le plus riche, Night Moves, avait ravi le Grand Prix en 2013.

Un jury cannois sans personnalité italienne n’est pas un bon jury cannois. L’exigeante réalisatrice Alba Rohrwacher est une habituée de Cannes, puisqu’elle y a présenté chacun de ses trois longs-métrages : Corpo Celeste en 2011 à la Quinzaine des réalisateurs, Les Merveilles (2013) et Heureux comme Lazzaro (2017), les deux derniers ayant concouru en sélection officielle.

Enki Bilal, Robin Campillo, Yorgos Lanthimos et Pavel Pawlikowski

Originaire de Yougoslavie, Enki Bilal est l’un des deux Français du jury 2019. L’artiste est passé de la bande dessinée au cinéma. Connu notamment pour la trilogie formidable et sombre qu’il a consacrée à son personnage d’Alcide Nikopol, il en a livré en 2004 une adaptation inégale avec Linda Hardy : Immortel (Ad Vitam).

Son film 120 battements par minute avait été la sensation de 2017 à Cannes. Né au Maroc, le réalisateur Robin Campillo est le deuxième Français du jury. Il est aussi le monteur de plusieurs films de Laurent Cantet : L’Emploi du temps (2002), Vers le Sud (2005), et surtout Entre les murs, qui avait reçu la Palme d’or en 2008.

Les débats entre le président du jury et Yorgos Lanthimos promettent d’être passionnés, tant leurs univers sont différents. Son histoire à Cannes a commencé avec Canine, qui avait remporté le prix Un certain regard en 2008. The Lobster (2015) avait remporté le prix du jury quand sa Mise à mort du cerf sacré (2017) avait ravi le prix du scénario. Quant à La Favorite, son génial conte baroque, il n’avait pas été sélectionné à Cannes, mais a reçu dix nominations aux Oscars.

Le Polonais Pavel Pawlikowski donne lui aussi une vision du cinéma fort singulière. On l’a surtout découvert en France avec Ida (2015), l’histoire saisissante d’une future nonne dans les années 1960. Son Cold War (2018) lui permet de gagner le prix de la mise en scène au 71e festival de Cannes en 2018.

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