Cinema

6e jour: la Tjc toujours à Cannes avec Sound of noise !

18 mai 2010 | PAR Coline Crance

Sound of noise est le sixième film en compétition de la semaine de la critique. Film décalé, absurde, il a été réalisé par deux suédois, Ola Simonsson et Johannes Stärjne Nilsson.  Avant dernier jour de travail pour la toute jeune critique avant le grand choix qui déterminera l’heureux lauréat du  prix jeune critique…

 

Critique de Caroline GHRISTI- Lycée Carnot – Cannes

« De la Musique avant toute chose…. »

«  Music for One City and Six Drummers », c’est la revanche d’une bande de musiciens déjantés semant le chaos à travers leur ville. Terrorisme musical ? C’est Amadeus contre Mozart. S’il n’est pas totalement injuste envers la musique classique, SOUND OF NOISE est un cri de révolte contre toute forme de conformisme, artistique ou social. Drame et comédie, burlesque et sérieux, ce film mêle avec savoir-faire différents genres, pour créer une véritable œuvre de style entre noirceur et rires. Musical, il pousse l’originalité déjà frappante en accordant un rôle central à la musique, qui n’est pas ici qu’un simple ornement mais l’essence même de l’action.

SOUND OF NOISE, c’est aussi une belle réflexion à part entière sur la Musique, interrogeant la place du silence et le «bruit musical». On pourrait penser à Simon and Garfunkel pour la musique du Lauréat mais, d’après les réalisateurs, leur œuvre est davantage un hommage à un grand succès du film musical THE SOUND OF MUSIC (la Mélodie du Bonheur), qu’ils considèrent comme le meilleur film de tous les temps. Les mélomanes avertis apprécieront dans le film de Ola Simonsson et Johannes Stjärne Nilsson une recherche sonore riche et une crédibilité parfaite entre la bande son et l’image filmique, lors des séquences «concerts». Ces deux jeunes cinéastes suédois ont signé un premier long métrage très prometteur en réunissant tous les ingrédients d’un film de qualité: intrigue policière bien menée, rythme soutenu, réflexion artistique et psychologique et sentimentalisme discret.

SOUND OF NOISE est une œuvre conceptuelle et artistique, irrésistible et précieuse, dans un monde qui néglige trop souvent l’importance de l’Art.

 

Critique de Simon APPERT, Lycée Pierre Corneille, Rouen

A breath of fresh air

En plein après-midi suédois, un minibus vrombissant déboule à toute vitesse sur l’autoroute. Au volant, Sanna, jeune femme turbulente presse l’accélérateur un peu plus fort sur un rythme cru de batterie. La musique très cadencée, que l’on croyait tout d’abord hors de l’action provient en réalité du batteur jouant à l’arrière du véhicule. Cette image est une métaphore même de la musique au cinéma, lorsqu’un personnage conduit sur une musique entraînante, on ne peut que difficilement imaginer un groupe de musique jouant sur la plage arrière. Sound of noise nous rappelle ici que la musique au cinéma n’est pas réelle elle n’est là que pour procurer de l’émotion au spectateur : ici, Sanna est euphorique, elle accélère sans en considérer les conséquences.

Sound of noise oppose avec beaucoup de manichéisme un combat entre la musique classique où le public aristocratique ne se montre qu’en costume et où les salles de concert sont teintées d’or avec la musique des drummers, univers bohème, où chaque objet donnant un son est considéré comme un instrument. Sound of noise mène un combat en faveur de la musique ou de l’art expérimental à l’encontre de l’art académique.

Dans un univers où chaque bruit peut devenir un son, une musique, si l’on prend la peine de la rythmer, nos six drummers déjantés parcourent la ville détournant chaque instrument de notre quotidien. Ola Simonsson et Johannes Stjärne Nilsson signent ici un film pouvant se qualifier comme expérimental, autant sur le plan scénaristique que sur le sujet abordé. Plutôt définir comme une « performance » du cinéma d’attraction que comme une fiction à part entière. On se souviendra de Sound of noise comme un film rythmé énergiquement au son du métronome marqué par les parties : Un, deux, trois, quatre. Les images rapprochées travaillées mettent en valeur une musique décoiffante créant un univers tout à fait déjanté et très dépaysant, un vrai bol d’air frais !

 

Critique de CHARLIER Marie et DIAZ Victoria lycée Henri-Matin Saint-Quentin

Clac !

De nombreux applaudissements, la porte du cinéma se referme. Après Sound Of Noise, le son de nos voix, nous voulons crier : « Sortez ! Courez ! Allez voir ce film ! ». Une révolution. Johannes Stjärne Nilsson fait exploser l’écran. Les enceintes implosent. Nous sommes figés. Une claque. Le public aux éclats, tout le monde rit, tout le monde écoute, tout le monde vit. Tout est surpuissant : la musique ahurissante, l’image éblouissante, le jeu fabuleux, l’humour ravageur. Alliage entre musique classique et musique industrielle, pour un film brillant et atypique. Une révolution cinématographique, il réussit l’alliance parfaite entre l’image et le son. Du noir et blanc à la couleur, de la musique intense au fin silence. Il excelle. Chaque plan est convaincant, chaque note envoutante. Il nous emmène. Déchirés entre sérieux et légèreté, nous restons le souffle coupé. L’art et l’artiste sont enfin reconnus. On n’a jamais vu, on ne le reverra plus, ce film est unique. Des personnages décalés dans un récit surprenant. Multiples rebondissements : d’une vocation incomprise au besoin d’expression, en passant par l’amour et la dérision, c’est un fulgurant mélange des genres. Anticonformiste, ce film dénonce astucieusement la répression. Les personnages doivent se battre pour leur intégrité, contre leur famille et la société. Les protagonistes se révoltent.

 

Osmose entre le son et l’image. Les bruitages, la musique, le silence ; le cadre, les couleurs, la lumière : un final étincelant. Comme une apparition…

Critique de Marmin Aurore et Caule Laurène, Jean Cassaigne, St Pierre du Mont :

Symphonie silencieuse

Amadeus Warnebring est officier de police. Bercé par la musique depuis sa plus tendre enfance, Amadeus la déteste. Un comble pour un homme dont la mère est concertiste, le père maestro et le frère cadet, Oscar, chef d’orchestre prodige. Sanna, musicienne iconoclaste, s’associe avec cinq percussionnistes hors norme afin de former un groupe dont la ville serait le terrain de jeux et les objets du quotidien les instruments.

Sound of noise est « un film musical » aux propos anarchiques, qui met en avant la musique contemporaine. Le son conditionne alors l’image. En effet, les réalisateurs suédois, Johannes Stärjne Nilsson et Ola Simonsson ont adapté le scénario à la musique, enregistrée durant quatre années. Cette adaptation particulière produit une originalité dans la mise en scène et offre la possibilité de découvrir ou de redécouvrir un genre de film peu ordinaire. Les cinéastes s’approprient donc un style décalé et jubilatoire.

Après un début sensationnel et fracassant, le rythme va decrescendo provoquant un léger ennui chez le spectateur. Seul bémol de ce scénario. Le dénouement n’est pas à la hauteur d’une première partie dynamique et mouvementée. Le public est à son aise dans cette histoire qui avance à grande vitesse malgré une fin convenue.

Laissez-vous emportez dans cet univers musical et surprenant que nous présentent ces deux réalisateurs animés par leur passion : la musique.

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Coline Crance

2 thoughts on “6e jour: la Tjc toujours à Cannes avec Sound of noise !”

Commentaire(s)

  • Juste

    Effectivement c’est génial. Franchement le fil se termine et on en redemande. Ce film est tellement unique que juste pour le concept il faut le voir, en plus il est marrant et on s’ennuie pas une seconde alors bref une séance à se faire dès qu’il sort.
    C’est un film que je suis depuis déjà 4 mois, je suis d’ailleurs coprod grâce au site touscoprod.com, n’hésitez pas allez voir dessus, on retrouve des vidéos, interview, photos totalement exclusive et ça c’est cool.
    je mets un lien rapide pour ceux qui veulent : http://www.touscoprod.com/pages/projet/fiche.php?s_id=274&s_wbg_menu=4

    mai 19, 2010 at 14 h 05 min

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